Suivi quotidien, flash d'actualités touchant l'économie,culture,environnement, société, politique,poésie, l'international.

Pour Fernando Lugo, la chute est aussi brutale que l'ascension fut rapide. Le président paraguayen a été officiellement démis de ses fonctions vendredi 22 juin à l'issue d'un procès politique en destitution de quelques heures mené devant le Parlement.
Un total de 39 sénateurs sur les 43 présents, l'accusant d'avoir "mal rempli ses fonctions" l'ont déclaré coupable des accusations formulées contre lui, entraînant sa destitution immédiate prévue par la Constitution. L'actuel vice-président Federico Franco doit être investi à sa suite. Des heurts ont éclaté suite à l'annonce entre les forces de l'ordre et les milliers de partisans de Lugo réunis devant le Congrès, qui protestent contre "un coup d'Etat".

Cet ancien écclésiastique, qui a quitté sa soutane en 2006 pour mener son combat politique, a été élu en 2008 premier président de gauche après 62 ans de gouvernement du Parti colorado (conservateur). Elu sur un programme de lutte contre la pauvreté, initialement très populaire auprès des paysans, Fernando Lugo s'est heurté à des querelles politiques incessantes, auxquelles s'est ajouté un parfum de scandale.
Bavure meurtrière et scandales à répétition
Sa réputation fortement dégradée par la multiplication des demandes de reconnaissance d'enfants conçus alors qu'il était encore ecclésiastique. En 2009, il avait été contraint de reconnaître la paternité d'un garçonnet et il a annoncé début juin qu'il allait en reconnaître un autre.
La motion de destitution le visant se réfère par ailleurs au massacre le 15 juin de 11 paysans sans-terre et de six policiers lors d'une opération visant à déloger les occupants d'une propriété agricole à Curuguaty, à 250 km au nord-est de la capitale.