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Alors que le monde du football était encore sûr il y a quelque temps de voir un FC Barcelone-Real Madrid en finale de la Ligue des champions, les deux cadors ont été éliminés, pouvant faire croire à une crise du foot espagnol. A tort.
Le Barça était pourtant considéré comme la meilleure équipe du monde à l'heure actuelle, le Real semblait invincible cette saison mais les deux clubs souverains se sont cassé les dents. Le Barça sur ce défi qu'aucune équipe continentale n'a réussi à relever depuis que la coupe d'Europe est passée en format Ligue des champions (1992-1993) : remporter deux fois de suite la Coupe aux grandes oreilles. Le Real sur celui de pouvoir jouer sur tous les tableaux et de remporter une "decima", une dixième Coupe d'Europe, devant finalement se consoler avec un titre en Liga qui semble lui être acquis grâce à son avance de sept points sur les Blaugranas.
Même si les Munichois comme les "Blues" ont dû s'avouer battus dans leur championnats nationaux, Allemands et Anglais ont toutefois rappelé qu'il existait encore des solutions pour contrecarrer la furia offensive du Real ou le jeu de "toque" du Barça. Les Catalans, hyper-dominateurs mais péchant dans la finition, se sont essoufflés face à la résistance défensive héroïque et au jeu de contre impitoyable de Chelsea. Les Merengue, eux, ont gâché leur potentiel offensif par des négligences défensives face à un Bayern lui aussi doté d'un bel arsenal en attaque.
L'EURO ET LA LIGUE EUROPA POUR SE VENGER
Pour autant, on aurait tort de voir dans ce double dérapage espagnol une fin de règne évidente pour le Barça, un constat d'échec répété pour le Real, et encore moins le signe d'une crise du foot espagnol. Il suffit de regarder le palmarès de la Ligue des champions pour constater que ce passage à vide des clubs espagnols est aussi motivé par un principe d'alternance logique : quand les années 2006, 2009 et 2011 étaient teintées de rouge grâce au Barça, 2008 avait célébré la réémergence du football anglais et 2010 la réaffirmation du football italien et allemand. Et il reste encore aux Espagnols la Ligue Europa - avec trois demi-finalistes (Valence, Athletic Bilbao et Atletico Madrid) sur quatre - pour tenter d'oublier leurs peines.
Pas sûr non plus que cette disette passagère des clubs espagnols rejaillisse sur l'actuelle hégémonie de la sélection. D'une part, parce que les principaux éléments de cette "Roja", en tant que sociétaires du Real ou du Barça échaudés par leurs échecs en club, n'en seront que plus motivés pour l'Euro qui les attend en juin en Pologne et en Ukraine.
D'autre part, parce que ces déceptions semblent uniquement conjoncturelles et ne sauraient signifier la fin d'un modèle de jeu - celui du Barça, mâtiné d'une pincée de puissance du Real - qui a déjà fait ses preuves lors de l'Euro 2008 et du Mondial 2010.