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La rentrée cauchemardesque de François Hollande
Arrivé sous une petite haie d'applaudissements et accompagné de son ministre de l'AgricultureStéphane Le Foll, le chef du gouvernement a sillonné les stands de ce salon de l'agriculture en plein air, goûtant tour à tour fromage, saucisse de Morteau, vin ou melon. Une ambiance bon enfant, même si locataire de Matignon a essuyé des huées à deux reprises.
S'essayant au lancé de palets bretons, Manuel Valls a ainsi lâché : «Je vais penser à quelqu'un en le balançant.» Suivez son regard, après une semaine politique marquée par la démission pour raisons fiscales du secrétaire d'État Thomas Thévenoud et la publication du brûlot de Valérie Trierweiler... Le tir du Premier ministre a toutefois échoué.
Les sondages, reflets de «la gravité de la crise de confiance»
Il a ensuite pris les commandes d'un tracteur de marque allemande mais fabriqué au Mans, lançant : «Je suis aux commandes et on peut affronter les intempéries». Un message on ne peut plus clair, alors que le pays est empêtré dans une crise autant politique qu'économique. «Mon but n'est pas d'être dans les petits jeux, c'est de redresser le pays», a-t-il commenté par ailleurs, «ce n'est pas de se laisser retourner par le commentaire en général».
Appelant «à la responsabilité, au rassemblement et au fond, à l'éthique, à la morale», le Premier ministre a estimé que les sondages reflètent «la gravité de la crise de confiance» du pays. Vendredi, une étude Ifop pour «Le Figaro» donnait François Hollande battu à la présidentielle en cas de second tour face à Marine Le Pen. La veille, le président François Hollande avait déjà affiché la mobilisation de l'exécutif, assurant qu'il agirait «jusqu'au bout».
Manuel Valls s'est enfin livré à une opération séduction à destination des agriculteurs. Dans un discours plusieurs fois applaudi, le Premier ministre a assuré qu'il voulait «tordre le cou aux clichés qui, trop souvent encore, entourent le monde agricole». Il a notamment déclaré vouloir «faire attention à ce discours que l'on entend parfois à considérer l'agriculteur comme un pollueur».
Dans un signal fort, il a d'ailleurs promis d'oeuvrer pour une révision de la directive nitrates à Bruxelles alors que la France vient à nouveau d'être condamnée sur le sujet. Le chef du gouvernement a également prévenu que les intérêts de l'agriculture seraient une «ligne rouge» à ne pas franchir dans le cadre des négociations sur le traité transatlantique de libre-échange.

