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L'Expansion.com avec AFP - publié le 24/06/2013 à 13:22
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La tension verbale est montée d'un cran ce lundi entre Paris et Bruxelles. La Commission européenne n'a en effet pas apprécié les critiques de plusieurs dirigeants français, dont le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, contre sa politique et son président.
"Quand ils attaquent la mondialisation, les réformes économiques et l'Europe et ses institutions, les souverainistes de gauche et de droite ont le même agenda", a affirmé la Commission dans un communiqué lu par un de ses porte-parole. "Il faudrait que certains responsables politiques français abandonnent certaines ambiguïtés vis-à-vis de l'Europe et la défendent davantage vis-à-vis du nationalisme, du populisme, voire du chauvinisme", a-t-elle ajouté.
L'exécutif bruxellois réagissait notamment à des propos tenus dimanche par Arnaud Montebourg, qui a accusé le président de la Commission européenne José Manuel Barroso d'être "le carburant du Front national", après ses propos qualifiant la position française sur l'exception culturelle de "réactionnaire".
"M. Barroso est le carburant du Front national. Voilà la vérité. Il est le carburant de Beppe Grillo", le comédien et homme politique italien dirigeant un mouvement contestataire, a déclaré le ministre du Redressement productif, sur la station de radio publique France Inter.
Cécile Duflot a quant à elle qualifié ce lundi l'UE de "gendarme qui regarde de haut les pays" . Tout en refusant de mettre sur le dos de l'Europe les difficultés économiques de la France, la ministre du Logement a rappelé que son parti (Europe Ecologie-les Verts) a toujours considéré que M. Barroso représentait une "ligne libérale, extrêmement autoritaire et un peu méprisante", qui est "néfaste" pour l'Union.
A l'autre bout de l'échiquier politique, Alain Juppé, ancien Premier ministre UMP (droite), a qualifié l'attitude de M. Barroso de "totalement archaïque"."Le président de la commission est totalement archaïque, il doit avoir une vision du monde qui doit dater des années 58", a affirmé M. Juppé à la télévision privée d'information en continu BFMTV."Il faut défendre nos intérêts et ne pas être naïf, il faut exiger dans les relations commerciales la réciprocité (...) Voilà pourquoi je dis que le président de la Commission européenne date un peu du siècle dernier", a déclaré l'ancien Premier ministre.
A l'inverse, Michel Barnier, commissaire européen, a fustigé les propos de Montebourg et pris la défense de l'Europe. "J'en ai assez, je le dis avec une certaine colère, j'en ai assez de voir dans mon propre pays des ministres comme M. Montebourg, des hommes et des femmes politiques de droite et de gauche dire que c'est la faute des autres, de se défausser, de chercher des boucs émissaires. C'est la responsabilité des ministres et en particulier celle de M. Montebourg de lutter contre le chômage, de lutter pour la compétitivité des entreprises, de ne pas refermer les frontières, de faire des réformes en France ça c'est le boulot qui est le leur", s'est emporté sur France 2 l'ancien ministre de droite de l'Agriculture.
"Ils ne vont pas se défausser longtemps parce que le moment de vérité (...) est en train d'arriver pour les ministres", a encore dit le Commissaire européen. Pour lui, l'Europe fait des recommandations à des gouvernements qui ont dépensé de l'argent qu'ils n'ont pas, c'est aux ministres ensuite de prendre les décisions.
L'incident sur l'exception culturelle n'est pas le seul qui entache les relations entre Paris et Bruxelles. François Hollande et jean-Marc Ayrault n'avait pas apprécié que la Commission européenne leur dicte, fin mai, quelles réformes faire en France et à quelle échéance. "La Commission européenne n'a pas à nous dicter ce que nous avons à faire", acvait alors déclaré le président français.