Benjamin Griveaux nous rappelle que lorsque le terme « assisté» est utilisé, il renvoie « non seulement aux exclus du marché du travail, mais également aux personnages âgées vulnérables ou à celles en situation de handicap. »
Pour rappel, les personnes âgées bénéficiant du minimum vieillesse reçoivent 708,95 € par mois, les personnes handicapées, 711,95 €. Un bénéficiaire du RSA célibataire perçoit 466,99 €. Quant aux demandeurs d’asile et anciens détenus, « deux catégories étrangement réunies par le miracle de notre réglementation », ils ont droit à 329,41 €. Des sommes qui font rêver les travailleurs, pour sûr !
En France, environ 3,2 millions de personnes bénéficient d’aides sociales. Pourtant, 13,5 % de la population vit sous le seuil de pauvreté (moins de 954 € par mois), soit 8,2 millions de personnes. De plus, près d’un bénéficiaire potentiel sur trois ne touche pas le RSA faute d'en avoir fait la requête. L’Etat, qui se plaint d’en faire trop, pourrait en donner davantage si les ayant-droits étaient plus soucieux de leur sort.
Mais, tendons leur la main, ils demanderont le bras, n’est-ce pas ? Aucun doute. A écouter la droite, ce sont les « assistés » qui nous vident les poches. Pourtant, la cour des comptes estime le nombre d’allocataires fraudeurs à 0,77 %, moins d’1 % des bénéficiaires d’aides sociales !
Le coût des fraudes ? 3 milliards d’euros. Une somme non négligeable, la droite l’a bien compris. Mais elle sait aussi que les « voleurs » sont tenus de rembourser le trop-perçu lorsqu’ils sont découverts. Ainsi, en 2011, sur 675 millions d’euros de fraudes démasquées, 505 millions ont été récupérés.
Cela fait toujours 2,5 milliards de perdus… Mais qu’en est-il des fraudes fiscales ? De ceux qui auraient les moyens de payer, mais qui ne le font pas ? Facture : entre 25 et 30 milliards d’euros par an.
Les fraudes fiscales coûtent dix fois plus cher que les fraudes sociales.
Une vérité, selon l'auteur, dont la droite est consciente. Comment ne pas voir que le taux de fraude sur l’impôt sur le revenu est de 10 %soit 4,5 milliards d’euros de perdus ? Que la perte en ligne est la même pour l’impôt sur les sociétés ? Et que le taux de fraudes des employeurs sur les prélèvements sociaux coûte à la collectivité entre 8 et 14 milliards d’euros par an ?