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Par L.D., le 03 juin 2011 à 22h34, mis à jour le 03 juin 2011 à 23:03
Le président yéménite Ali Abdallah Saleh a été blessé vendredi dans un bombardement du palais présidentiel à Sanaa. Dans une allocution radiodiffusée, il assure qu'il va bien. Mais le Yémen semblait au bord de la guerre civile après cette journée.

Après plusieurs semaines où la contestation a couvé, il semble que la situation au Yémen a définitivement basculé dans la violence vendredi. Le président yéménite contesté, Ali Abdallah Saleh, a été blessé dans un bombardement du palais présidentiel à Sanaa.
Rumeurs sur la mort de Saleh
Un responsable du parti au pouvoir, qui a requis l'anonymat, a indiqué que Saleh était soigné à l'hôpital du ministère de la Défense, refusant cependant de fournir des précisions sur son état. Mais une conférence de presse qu'il devait tenir a été annulée. La télévision avait de son côté indiqué que le président devait "prononcer un discours dans les prochaines heures", démentant une information de la chaîne de télévision Souheil, contrôlée par la puissante tribu des Hached, selon laquelle le président serait mort. Outre le président du Yémen, plusieurs hauts responsables, dont le Premier ministre, Ali Mohamed Moujawar, les présidents de la Chambre des députés, Yahia al-Raï, et du Conseil consultatif, Abdel Aziz Abdel Ghani, ainsi que le conseiller de presse du président, Abdo Burji, ont été blessés dans le bombardement de la présidence à Sanaa, selon un responsable du parti présidentiel. Le gouverneur de Sanaa, Noomane Douik, a eu "une jambe et une main amputées", selon ce responsable ayant requis l'anonymat.
En riposte, l'armée a pilonné la résidence de cheikh Hamid al-Ahmar, frère du puissant chef tribal des Hached, Sadek al-Ahmar, dont les combattants sont engagés depuis une dizaine de jours dans de violents affrontements contre les forces gouvernementales dans le nord de Sanaa. La Garde républicaine, corps d'élite de l'armée, a également bombardé les maisons des deux autres frères de cheikh Sadek al-Ahmar, Hemyar et Mizhij, et celle du général dissident Ali Mohsen al-Ahmar. Toutefois, cheikh Hamid al-Ahmar a rejeté ces accusations, affirmant que le président Saleh était l'instigateur de l'attaque contre le Palais et qu'il cherchait à "déclencher la guerre civile". Quoiqu'il en soit, vendredi soir, la capitale yéménite offrait l'image d'une ville fantôme, plongée dans l'obscurité en raison d'une panne de courant, au milieu d'un important déploiement des forces de sécurité.
L'UE va organiser l'évacuation de ses citoyens
A Taëz (270 km au sud de la capitale), des heurts ont opposé des soldats à des manifestants qui tentaient de gagner la place de la Liberté, où un sit-in avait été démantelé par la force lundi au prix de plus de 50 morts. Deux manifestants ont été tués et 30 blessés par des tirs des soldats, alors que quatre militaires ont été tués par balle et 24 blessés, selon une source des services de sécurité qui a affirmé que certains manifestations étaient armés.
Face à la situation, la Maison Blanche a fermement condamné les violences, en particulier le bombardement du palais présidentiel, appelant "toutes les parties à l'arrêt immédiat des hostilités". Même appel de Paris qui a réclamé à nouveau le départ du président Saleh et demandé aux Français encore sur place de quitter le Yémen sans délai. Londres a également lancé un nouvel appel à ses ressortissants, leur demandant instamment de quitter le Yémen sans délai, au vu de "l'escalade de la violence" dans ce pays. Autre preuve du caractère critique de la situation, l'Union européenne a activé un mécanisme visant à aider et à coordonner l'évacuation de ses citoyens résidant au Yémen et voulant partir en raison des violences, a annoncé sa chef de la diplomatie Catherine Ashton.