Les assistants parlementaires, nouveaux boucs émissaires de la majorité
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Comment déclencher une petite révolte qui ne menaçait même pas ? Ah, c'est bien un art dans lequel les socialistes sont définitivement passés maîtres. A l'issue d'une importante réunion de groupe à l'Assemblée, mardi 22 octobre, en présence du premier ministre, Jean-Marc Ayrault et du premier secrétaire du parti, Harlem Désir, pour recadrer les troupes de la majorité, c'est finalement une annonce a priori mineure qui a "mis le feu" dans les couloirs du Palais Bourbon, selon un participant. Conformément à la décision prise par le bureau du groupe, les assistants parlementaires ne pourront plus assister aux réunions du mardi matin (ils étaient déjà privés de celle du mercredi).

Raisons invoquées : éviter le brouhaha de fond de salle, des situations où les députés ne trouveraient pas de siège pour s'asseoir, solenniser davantage ces moments et limiter les fuites à l'issue des réunions auxquelles la presse ne peut jamais assister. Inutile de préciser que nous sommes nombreux à être bien placés pour savoir que les plus bavards ne sont certainement pas les assistants parlementaires.

Apprenant l'information par SMS ou messages Twitter, car déjà exclus de cette réunion ci, les assistants parlementaires ont immédiatement et vigoureusement réagi sur le réseau social avec le mot-clé #moicollab, dénonçant une "opération verrouillage au groupe socialiste à l'Assemblée" : "la confiance règne !", "c'est sûr ça va tout changer d'interdire aux collaborateurs de députés socialistes de ne plus aller aux réunions de groupe du mardi" a ainsi écrit Marie Castagné. "Les assistants parlementaires sont virés car ils font du bruit au fond de la classe si j'ai bien compris ? Cela ne m'était pas arrivé depuis le CE1...", a encore ironisé Adrien Peschanski, autre concerné.

 

 

 

 

"Furieux", "ulcérés", ceux ci se sont ensuite rapidement réunis dans l'après-midi et devaient décider d'une suite à donner. D'autres ont préféré prendre le parti d'en rire, tel Alexis Prokoviev, écrivant : "la solution pour remonter la côte de popularité de François Hollande : exclure tous les collaborateurs de toutes les réunions !". "De quoi ils se plaignent ces collaborateurs ? Déjà qu'ils n'ont pas de statut ils ne vont pas en plus exiger des conditions de travail, non mais" ironisait également Mila Jeudy quand un autre rappelait : "Dis Bruno Le Roux, si jamais #moicollab n'emmerde pas son député pour aller en séance, ça risque d'être un peu chaud le vote".

 

 

 

"ON VA FINIR PAR PERDRE LE SOUTIEN DE CEUX QU'ON PAYE !"

"C'est désespérant, vexatoire et inutile", se désolait de son côté un élu PS dans les couloirs, "on va finir par perdre le soutien de ceux qu'on paye !". "Ça n'a aucun sens, ce sont nos collaborateurs, ça les hystérise gratuitement...", critiquait un autre participant à la réunion. "C'est mesquin", a de son côté balayé le député de l'Essonne, Malek Boutih.

"Parler des collaborateurs parlementaires comme d'un 'bruit de fond', c'est insultant et inepte", a également commenté sur Twitter Gaël Brustier, politologue et proche du PS avant d'ajouter : "Le combat culturel en traitant les collaborateurs parlementaires comme des suspects c'est loin, très loin, d'être gagné".

 

 

Sans compter que nombres de ces assistants parlementaires ont un vrai rôle lors de ces réunions. Exemple parmi d'autres, l'élu de l'Ardèche, Olivier Dussopt n'ayant pu se rendre à la réunion de mardi car appelé à d'autres obligations professionnelles aurait bien aimé que son assistant parlementaire lui fasse un compte rendu - ce qui n'est jamais fait de manière formelle. Mais justement, cette nouvelle décision aurait également pour but d'impliquer davantage les députés dans la vie du groupe. A titre de comparaison, le député du Nord Bernard Roman, élu depuis 1997, se souvient de l'époque où "Lionel Jospin interdisait aux directeurs de cabinets des ministres d'assister aux réunions interministérielles ; cela les obligeait à bosser leur dossier".

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