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Les cocottes de Paris : 3 questions à Catherine Guigon

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Les cocottes de Paris : 3 questions à Catherine Guigon

M le magazine du Monde | <time datetime="2012-11-02T12:57:01+01:00" itemprop="datePublished">02.11.2012 à 12h57</time> • Mis à jour le <time datetime="2012-11-02T14:57:32+01:00" itemprop="dateModified">02.11.2012 à 14h57</time>

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Dans le Paris extravagant de la Belle Epoque, les cocottes sont les reines. Séduisantes, libertines et cultivées, elles s'affichent au bras d'hommes fortunés et s'improvisent artistes sur les scènes des music-halls, parées de leurs plus beaux bijoux. La journaliste Catherine Guigon leur a consacré un ouvrage richement illustré de photos, affiches et caricatures. Elle décrypte ici le style de ces amazones d'un autre temps.

Qu'est-ce qui caractérise les fameuses cocottes de Paris ?

Ce sont des courtisanes qui vivent partiellement de leurs charmes mais aussi des artistes et des "demi-mondaines", comme on les appelle alors. Il y a Liane de Pougy, la Parisienne un peu chichiteuse, Otero, bête de scène qui aime la vie, et Cléo de Mérode, réservée, qui se défend justement d'être une cocotte. A une époque assez puritaine, elles cristallisent tous les fantasmes. Prescriptrices, elles s'affichent aussi dans les pages des magazines. Leur surnom viendrait des chapeaux à plumes qu'elles aimaient porter.

A quoi ressemblait leur garde-robe ?

Elles se changent trois fois par jour, en fonction de leurs activités. Balade à vélo, bain de mer, promenade en calèche, voyage en train, les tenues sont très codifiées. En toutes circonstances, les cocottes restent élégantes, quitte à en faire un peu trop. Elles ne sortent jamais sans bijoux ni chapeau, et leurs robes sont signées Jacques Doucet, Jeanne Paquin, Frédéric Worth, fondateur de la haute couture, et Paul Poiret, qui abolit le corset. Une garde-robe luxueuse qu'elles se font offrir en échange de leurs charmes.

Ont-elles des héritières ?

La démesure qui caractérise le début du xxe siècle disparaît avec la première guerre mondiale. Après celles de la Belle Epoque, on compte peu de grandes cocottes, même si l'on peut citer Coco Chanel à ses débuts ou encore la belle et capricieuse Elizabeth Taylor, qui savait capter tous les regards. Belles, drôles, libertines, amorales, vénales et exigeantes : des années après, les cocottes continuent de fasciner.

Les Cocottes, reines du Paris 1900, de Catherine Guigon, Parigramme, 200 p., 45 €.

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