La 67e session annuelle de l'Assemblée générale des Nations unies s'ouvre mardi 25 septembre à New York. Tour d'horizon des principales crises au menu de ce grand raout diplomatique.
Syrie. En raison des divergences entre grandes puissances, aucune réunion formelle ne sera consacrée à ce conflit, "présent dans tous les esprits" cependant, selon le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. Les dirigeants occidentaux l'évoqueront dans leurs discours mais la Russie et la Chine, qui paralysent l'action du Conseil de sécurité depuis dix-huit mois, n'enverront à New York que des ministres. Le médiateur international Lakhdar Brahimi, qui a conclu sa première visite à Damas sans résultat apparent, n'a pas dévoilé de plan pour faire cesser les combats et assurer une transition politique. Il devrait avoir des consultations en marge de l'Assemblée. Le Conseil de sécurité organisera une session plus générale sur le "printemps arabe".
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Mali. La prise de contrôle du nord du Mali par des groupes liés à Al-Qaida s'est ajoutée à une pénurie alimentaire affectant 18,7 millions de personnes dans neuf pays, du Tchad à la Mauritanie. Le président français, François Hollande, et la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, participent, mercredi, à un sommet qui devrait déboucher sur l'annonce par l'ONU d'une stratégie globale et de la nomination d'un envoyé spécial pour le Sahel. Les pays d'Afrique de l'Ouest souhaitent aider le gouvernement malien à reconquérir le Nord en déployant une force panafricaine sous mandat de l'ONU. Mais le Conseil de sécurité n'est pas prêt à donner son accord sans connaître les modalités précises de l'intervention. Le rôle de la France dans cette dernière reste à préciser d'autant qu'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) a récemment menacé d'exécuter les otages français détenus dans le nord du Mali en cas d'implication de la France.
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Iran. Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, qui doit quitter le pouvoir en 2013 après deux mandats, prononcera son dernier discours devant l'Assemblée mercredi. Ses diatribes contre Israël ont souvent fait scandale, déclenchant le départ de la salle de diplomates américains et occidentaux. Cette année, les spéculations autour de frappes israéliennes sur les installations nucléaires iraniennes ont fait monter la tension et crispé les relations entre Israël et son allié américain. Les Occidentaux et Israël soupçonnent l'Iran de vouloir acquérir l'arme atomique sous couvert d'un programme nucléaire civil, ce que Téhéran dément. Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Chine, Russie et Allemagne se concerteront jeudi sur ce dossier. Le même jour, le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, prononcera un discours à l'Assemblée dans lequel il a promis de dire "la vérité sur le régime terroriste de l'Iran".
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République démocratique du Congo (RDC). Kinshasa et des experts de l'ONU accusent le Rwanda, qui dément, de soutenir en RDC les mutins du mouvement M23. Ceux-ci ont établi selon l'ONU une "administration de fait" dans le Nord-Kivu (est de la RDC). Plus de 500 000 personnes ont été déplacées par les combats dans cette zone depuis longtemps instable, où l'ONU a déployé une force de 17 000 hommes (Monusco) pour protéger les civils. Les présidents congolais et rwandais, Joseph Kabila et Paul Kagame, devraient participer jeudi à une réunion sur la RDC et plus largement la région des Grands Lacs. Les onze pays de cette région tentent, en vain jusqu'ici, de mettre sur pied une force "neutre" pour surveiller la frontière RDC-Rwanda. Une autre réunion, mardi, évoquera la traque des rebelles de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), présents en RDC, Ouganda, Centrafrique et Soudan du Sud.
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Somalie. Les grandes puissances ont salué l'élection, le 10 septembre, du nouveau président Hassan Cheikh Mohamoud, aboutissement d'une transition politique complexe parrainée par l'ONU depuis 2000. Mais elles lui demandent d'agir vite pour empêcher son pays de replonger dans le chaos. Le Conseil de sécurité l'a notamment encouragé à intensifier la lutte contre les islamistes Chabab - qui ont tenté de l'assassiner deux jours après son élection et qui ont annoncé, lundi 24 septembre, qu'ils allaient "tuer un par un" tous les députés somaliens de la nouvelle Chambre désignée en août, à commencer par le député Mustafa Haji Mohamed, assassiné samedi. Une conférence sur la Somalie se tiendra mercredi, en présence du premier ministre britannique, David Cameron, et de Hillary Clinton. Selon l'ONU, deux millions de Somaliens affectés par la sécheresse et les combats incessants ont encore besoin d'une aide alimentaire, soit le quart de la population.
Yémen. L'ex-président yéménite, Ali Abdallah Saleh, qui a cédé sa place en février à Abd Rabbo Mansour Hadi après trente-trois ans au pouvoir, n'a pas renoncé à ses ambitions politiques. Le nouveau gouvernement fait aussi face à la menace d'Al-Qaida, dont les partisans sont fortement implantés dans le sud et l'est du pays. Au bord de l'effondrement économique, le pays a obtenu début septembre des promesses d'aide de 6,4 milliards de dollars (environ 5 milliards d'euros) lors d'une conférence de donateurs à Riyad, alors qu'il en réclamait presque le double. Une réunion des Amis du Yémen sera organisée jeudi par le Royaume-Uni et l'Arabie saoudite.