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Les doutes s'expriment sur la gravité de la situation des opérateurs télécoms

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Les doutes s'expriment sur la gravité de la situation des opérateurs télécoms

Le Monde.fr | <time datetime="2012-07-05T18:19:58+02:00" itemprop="datePublished">05.07.2012 à 18h19</time> • Mis à jour le <time datetime="2012-07-05T18:19:58+02:00" itemprop="dateModified">05.07.2012 à 18h19</time>

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Les logos de SFR, Bouygues et Orange.

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Arnaud Montebourg, le ministre du redressement productif, et Fleur Pellerin, la ministre déléguée au numérique, ont déclaré, mercredi 4 juillet, avoir convoqué les syndicats et les opérateurs de télécommunication pour discuter des plans de départs volontaires, annoncés, le 3 juillet, par les directions de  SFR et Bouygues Telecom. Ces dernières, pour justifier ces mesures d'économies, arguent d'une situation financière qui se serait dégradée en raison de l'arrivée de Free Mobile sur le marché - effective début 2012.

La situation des opérateurs est-elle si grave qu'ils doivent envisager ces solutions radicales ? A Bercy, on doute ouvertement de la nécessité de ces suppressions d'emplois. Notamment parce que la masse salariale pèse d'un poids assez restreint dans le chiffre d'affaires de ces deux entreprises.

Stéphane Beyazian, analyste financier chez Raymond James, considère que les deux opérateurs risquent effectivement de perdre de la rentabilité. Mais selon lui, les économies à faire auraient pu passer par autre chose que des suppressions de postes.

"Cette année, SFR devrait perdre 400 millions d'euros de résultat opérationnel, et Bouygues Telecom, 250 millions par rapport à 2011, et probablement un peu encore en 2013, indique-t-il. Des ajustements d'effectifs sont donc malheureusement inévitables, mais ils ne sont en aucun cas le fondement des mesures à venir."

Dénonçant du  "dogmatisme", Olivier Lelong, délégué syndical la CFDT de SFR, rappelle que "la masse salariale ne représente que 4,5 % du chiffre d'affaires de l'entreprise". "Même si on virait tout le monde, la société ne gagnerait pas beaucoup plus d'argent !" assure-t-il.

M. Beyazian va dans le même sens, en soulignant qu'une suppression de 1000 emplois, par exemple, ne représenterait en réalité qu'une économie de 50 à 60 millions d'euros par an. "Il faut, par ailleurs, maintenir une qualité de service différenciée face à Free [personnel en boutique, hotline, gestion de la relation clients...]. Les opérateurs ont différents gisements de dépenses qu'ils peuvent attaquer", poursuit M. Beyazian.

Selon l'expert, la véritable erreur des opérayeurs "historiques" serait de réduire les subventions accordées aux clients pour l'achat d'un terminal avec un forfait : "Ils risquent de perdre un avantage en compétitivité face à Free Mobile."

  • Ce qu'a annoncé SFR

Le "plan de transformation", nom du projet de départs volontaires présenté le 3 juillet, ne donne pas le nombre de postes concernés. En interne, circule le chiffre de 500 à 1000 postes concernés, sur un total de 10 000.

L'opérateur indique seulement que les négociations avec les syndicats débuteront en novembre, après les élections professionnelles. "Cela devrait être de bonnes conditions de départ, tout cela devra se négocier ultérieurement avec les syndicats", indique une source proche de la direction.

Lors du précédent plan - au moment de la fusion Neuf Cegetel-SFR -, les salariés ne pouvaient, par exemple, partir que s'ils avaient l'assurance d'avoir décroché un contrat à durée indéterminée (CDI) après SFR. "Le déménagement programmé du siège de La Défense (92) à Saint-Denis (93) pourrait aussi entraîner des départs", suggère un industriel des télécoms qui connaît bien le groupe.

Outre les départs volontaires, la direction aurait aussi annoncé un plan d'économies de 650 millions d'euros d'ici à 2015.

Du côté des syndicats, en revanche, l'inquiètude règne : "S'il n'y a pas suffisamment de candidats au départ, ce plan sera suivi d'un vrai plan social", craint Damien Bornerand, de la CGT. Pour M. Lelong, "il y a de nombreux endroits où SFR est sous tension, on l'on manque de personnel".

L'équipe de direction a, par ailleurs, donné les grandes lignes de sa nouvelle stratégie pour contrer Free Mobile. Il s'agirait de davantage polariser l'offre de téléphonie mobile. Avec une plus forte composante allant au "low cost" (des forfaits et des téléphones vendus sur Internet, presque pas de service client), des services clients associés payants et une montée en gamme des offres "premiums", ces forfaits avec subvention du terminal qui se vendent en boutique.

Il s'agirait là d'une véritable offre haut de gamme, avec un service client privilégié, pour justifier son différentiel de prix par rapport au "low cost". Sur le modèle des classes affaires et des classes économiques des compagnies aériennes.

Cette présentation intervient alors que SFR vient de perdre deux PDG d'un coup : Jean-Bernard Lévy, le président du directoire de Vivendi, la maison mère de SFR, qui assurait l'intérim à la tête de l'opérateur, et Michel Combes, qui devait le remplacer le 1er août.

La présentation du plan "de transformation" a été maintenue, malgré le départ de M. Lévy et la non-arrivée de M. Combes. Elle a été faite par Stéphane Roussel, le nouveau patron par intérim de SFR, l'ex-DRH de Vivendi.

L'opérateur, qui avait annoncé avoir perdu 379 000 clients au premier trimestre, avec l'arrivée de Free Mobile, a, lui, été plus précis. Lors d'un comité central d'entreprise (CCE), mardi après-midi, l'opérateur a annoncé un plan de départs volontaires concernant 556 postes.

"La société ne pratiquera aucun licenciement dans le cadre de ce plan. Les centres de relations clients et les boutiques du Réseau Clubs Bouygues Telecom (RCBT) ne seront pas concernés, afin de maintenir le niveau de service à l'ensemble de ses clients particuliers et entreprises", a indiqué l'entreprise.

"Cela a été une surprise, nous ne nous attendions pas à cela", avoue Azam Ahab, délégué syndical CFDT de l'opérateur, qui croit savoir que les suppressions de postes concerneront surtout la région parisienne.

 "Il y aura des adaptations nécessaires, mais cela se fera sans brutalité, dans la durée, dans le respect des salariés. Je souhaite qu'une négociation commence cette année avec les partenaires sociaux", a prévenu le PDG, Stéphane Richard, mercredi 4 juillet, lors d'une université d'été du syndicat CFE-CGC/Unsa à laquelle il était convié.

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