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Sur le terrain, l’offensive des soldats français et maliens se poursuit vers le Nord. En milieu de journée, samedi, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a affirmé que "les forces françaises avaient saisi la zone de l'aéroport et le pont de Gao, au nord-est du Mali". Il s’agit de l’un des principaux bastions des islamistes du Mujao (Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest). Ces derniers ont annoncé au même moment vouloir "négocier la libération" de l’otage français Gilberto. Une déclaration qui peut être interprétée comme une ouverture pour des négociations avec Bamako et qui survient deux jours après l'annonce d'une scission au sein d'Ansar Dine (Défenseurs de l'islam), un autre des groupes islamistes du Nord du Mali.
La prise de Gao en cours est "compliquée"
Au Mali, un officier français précise que les soldats des forces spéciales françaises font face à des actes de "guérilla" des rebelles islamistes qui, dit-il, se sont "fondus parmi la population locale, ils pratiquent le harcèlement." Il a, en outre, ajouté que les forces de l'opération Serval étaient confrontées à une situation "un peu compliquée" à Gao.
"Les terroristes djihadistes qui ont affronté les armées malienne et française ont vu nombre de leurs moyens mobiles et de leurs sites logistiques détruits", a expliqué Jean-Yves Le Drian dans un bref communiqué, en adressant ses "plus vives
félicitations" aux unités françaises impliquées.
Gao, à 950 km environ au nord-est de Bamako, est avec Tombouctou et Kidal l'une des trois principales villes du Nord-Mali, tombée sous la coupe des islamistes à la suite du coup d'État militaire de mars 2012 dans la capitale malienne.
Un total de 3 700 militaires français sont aujourd'hui engagés dans l'opération Serval, dont 2 500 sur le territoire malien.
Réunions au sommet pour l'UA et la Cédéao
De leur côté, les pays membres de l’Union africaine (UA), réunis à Addis-Abeba jusqu’à lundi, ont entamé des discussions sur les renforts attendus par les forces françaises et maliennes sur le terrain au Mali.
En parallèle, une nouvelle réunion des membres du comité des chefs d’état-major d’Afrique de l’Ouest a lieu, également samedi, à Abidjan. Le but affiché : assurer "la montée en puissance de la Misma", selon des déclarations du général Soumaïla Bakayoko, le patron de l'armée ivoirienne, dont le pays préside actuellement la Cédéao.
Bien que des troupes en provenance du Niger, du Nigeria, du Tchad, du Togo et du Burkina Faso aient commencé depuis plusieurs jours à arriver à Bamako, Markala ou Sévaré, le déploiement ne se fait qu’au compte-goutte. Environ un millier de soldats africains sont actuellement engagés au sein de la Misma, la Mission internationale de soutien au Mali. Un chiffre qui est encore loin des 6 000 promis pour épauler les forces françaises et maliennes face aux islamistes.
"Il ne faut pas faire la politique de l'autruche. C'est une menace pour l'ensemble de la région et peut-être même au-delà. Il faut faire face à ses responsabilités. […] Il faut aider le Mali à se débarasser de ce fléau", a déclaré un ministre tchadien dont le pays, qui n’est pas membre de la Cédéao s’est engagé à envoyer 2 000 soldats.
Mais au-delà de l’organisation logistique, il faut également former, équiper, nourrir ces troupes et cela coûte cher. Au cœur des débats du sommet de l’UA devrait donc se trouver le financement, qui n’est toujours pas clairement établi, de la Misma.
FRANCE 24 avec dépêches