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Des soldats français et maliens progressaient, lundi 21 janvier, vers la ville de Diabali, alors que plusieurs pays ont répondu à l'appel lancé samedi par Paris et les dirigeants ouest-africains à une aide internationale accrue.
Une colonne de véhicules blindés a quitté à l'aube la ville de Niono, à 350 km au nord-est de Bamako. Niono est elle-même située à 60 km au sud de Diabali où des missions de reconnaissance ont été effectuées ces derniers jours par l'armée malienne.
Situation confuse
La situation "n'est pas très claire" dans cette localité de l'ouest du Mali prise il y a une semaine par les islamistes armés qu'ils auraient ensuite abandonnée, a déclaré dimanche un officier, chef des opérations de l'armée française dans ce secteur.
"À Diabali, la situation n'est pas très claire mais, a priori, les combattants rebelles ont quitté la ville" (à 400 km au nord de Bamako), a déclaré à la presse le lieutenant-colonel Frédéric (son nom ne peut être cité) à Niono, ville située à 350 km au nord-est de Bamako et à 60 km au sud de Diabali.
Il a ajouté que bien qu'étant "dans une phase dynamique", l'armée française était confrontée à des combattants "dont les qualités sont la détermination à se battre et la mobilité".
Le colonel Sogoba, de l'armée malienne, qui est présente à Niono avec l'armée française, a de son côté affirmé : "Nous avons à Diabali une force qui nous informe, mais une frange de la population a adhéré aux thèses djihadistes et nous devons être prudents pour les prochaines heures".
L'armée malienne et plusieurs habitants ont affirmé, vendredi et samedi, que les combattants islamistes qui avaient pris la ville le 14 janvier l'avaient abandonnée trois jours plus tard après plusieurs bombardements de l'aviation française.
Mais le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a laissé entendre depuis que Diabali n'avait pas encore été reprise aux islamistes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). "Tout laisse à penser que l'évolution de Diabali va être positive dans les heures qui viennent", a-t-il indiqué dimanche.
De nouveaux soutiens
La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a demandé samedi à l'ONU "de fournir immédiatement l'appui logistique et financier pour le déploiement de la Misma" (Mission internationale de soutien au Mali).
Berlin, qui a déjà annoncé l'envoi de deux avions de transports, a réagi dimanche en promettant une aide financière supplémentaire aux pays africains engagés dans l'opération militaire au Mali, lors de la réunion des donateurs prévue le 29 janvier à Addis Abeba.
Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a, lui, révélé dimanche que la Russie avait proposé à la France d'acheminer des troupes ou du matériel français au Mali, tandis que le Canada prendrait en charge une partie du transport de la force africaine.
Si la France a assuré que ses soldats resteraient au Mali "le temps nécessaire pour que le terrorisme soit vaincu", Londres et Washington ont exclu d'envoyer des troupes dans la région tout en se disant déterminés à lutter contre les agissements d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).
Pour leur part, les États membres de la Cédéao ont été appelés à fournir "sans plus tarder" les troupes promises à la force qui a reçu mandat de l'ONU pour aider le Mali à reprendre le contrôle du nord du pays, occupé depuis plus de neuf mois par des groupes armés islamistes qui y ont multiplié les exactions.
Quelque 2 000 membres de la Misma doivent être déployés d'ici au 26 janvier. Quelque 150 soldats sont déjà arrivés à Bamako, dont une cinquantaine de militaires sénégalais sur les 500 promis par Dakar.
Avec dépêches
L'opération Serval compte actuellement :
Au sol
Contingent français
2 000 militaires français - qui devraient, à terme, être plus de 2500 - sont déployés dans le cadre de l'opération Serval.
Troupes envoyées par les États membres de la Cédéao
Huit pays d'Afrique de l'Ouest - le Nigeria, le Togo, le Bénin, le Sénégal, le Niger, la Guinée, le Ghana et le Burkina Faso - plus le Tchad ont annoncé leur contribution à la Misma. Au total, ce seront quelque 5 800 soldats du continent africain qui seront déployés au Mali pour prendre le relais de l'armée française.
Forces aéronavales
Le dispositif est basé à N'Djamena (Tchad) et à Bamako : il s'agit de 4 Rafale, 6 Mirage 2000 D, 5 avions-ravitailleurs et 2 F1-CR de reconnaissance.
Des Rafale mis en état d'alerte peuvent intervenir directement depuis la France, tout comme 6 Rafale stationnés à Abou Dhabi.