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Les généralistes s'inquiètent des inégalités sociales de santé

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Le Point.fr - Publié le <time datetime="2013-06-06T12:34" itemprop="datePublished" pubdate=""> 06/06/2013 à 12:34</time>

Espérance de vie plus courte, nombre d'années en incapacité plus important, les classes sociales défavorisées sont victimes de la

"double peine".

 

 

 

<figure class="media_article panoramique" itemprop="associatedMedia" itemscope="" itemtype="http://schema.org/ImageObject"> Les médecins généralistes se mobilisent contre les inégalités d'accès aux soins <figcaption>

Les médecins généralistes se mobilisent contre les inégalités d'accès aux soins

© NOSSANT / SIPA

</figcaption> </figure>

 

 

 

 

 

 

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En France, un homme qui a aujourd'hui 35 ans a toutes les chances de vivre en moyenne jusqu'à l'âge

de 82 ans s'il est cadre contre 76 ans seulement s'il est ouvrier. Qui plus est, ce dernier a deux fois plus

de risque de mourir avant 65 ans qu'un cadre. Et pour couronner le tout, les personnes appartenant aux

catégories sociales les plus défavorisées vivent plus d'années que les autres en incapacité, donc avec

une impossibilité physique ou psychique d'exercer leur activité professionnelle. Ces chiffres qui, selon le Dr Dominique Lagabrielle, chargé de mission au syndicat MG France, sont la preuve de l'existence d'une "double peine".

 

Problématique de santé

Ce syndicat de médecins généralistes organise jeudi un colloque à Paris sur un sujet qui constitue un véritable défi à relever. Différents médecins, économistes et chercheurs vont d'abord analyser les multiples déterminants de ces inégalités sociales de santé. "Ils combinent une accumulation de facteurs de risque médicaux connus (alcool, tabac, professions exposées) à des inégalités d'accès aux soins et de différences quant à l'usage fait des soins", précisent les organisateurs. Ces éléments sont parfois associés à des facteurs de vulnérabilité supplémentaire, comme des événements traumatiques de

la vie.

Les médecins généralistes sont évidemment confrontés à ces questions dans leur pratique quotidienne. "L'erreur est de penser que les inégalités sociales de santé ne sont qu'une problématique sociale pour laquelle le système de santé ne peut pas grand-chose", explique le Dr Claude Leicher, président de MG France et généraliste dans la Drôme. "Nous pensons que le système de santé doit intervenir de façon active et prioritaire, pour aider ces populations à accéder aussi à la prévention, au dépistage, aux soins, même si les raisons sociales existent, perdurent et doivent être traitées."

Parcours de santé organisé

Très logiquement, ce syndicat considère que le médecin généraliste est un acteur-clé, en articulation

avec le secteur social, pour intervenir de façon très précoce sur les différents facteurs de risques

et pour rétablir une situation d'équité. "Il faut porter plus d'attention sur les facteurs de risques, passer

plus de temps avec le patient, mieux s'articuler avec le secteur social pour prendre en charge des situations difficiles", insiste Claude Leicher pour qui la moitié des décès prématurés seraient évitables

- soit plus de 55 000.

Pour arriver à ce résultat, MG France insiste sur la nécessité d'un parcours de santé organisé autour et

à partir du médecin généraliste traitant. Le syndicat demande notamment que ce parcours soit

remboursé, avec garantie de tarifs et de délais de rendez-vous, lorsque le patient est adressé par

son médecin traitant. Il plaide aussi pour la possibilité de dispense d'avance des frais et/ou du tiers

payant pour les patients qui en ont besoin. "Nous souhaitons que l'on confie aux acteurs de soins

primaires la responsabilité et les moyens pour mettre en place des politiques de santé publique populationnelles", conclut le Dr Leicher.

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