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Les habitants de Chypre sous le choc après l'accord financier

Les habitants de Chypre sous le choc après l'accord financier
<time datetime="2013-03-16T18:30:55+01:00" itemprop="datePublished">16 mars 2013 à 18:30     </time>lien

«Troïka dehors» inscrit le 16 mars dans une rue de Chypre.

«Troïka dehors» inscrit le 16 mars dans une rue de Chypre. (Photo Yiannis Kourtoglou. AFP)

«La solution que nous avons choisie est douloureuse», a

reconnu le président chypriote à propos du plan de sauvetage

de 10 milliards d’euros comprenant une taxe exceptionnelle sur

les dépôts bancaires.

Chypriotes et résidents étrangers de l’île méditerranéenne étaient sous le choc samedi après l’annonce

d’un accord avec l’Union européenne sur un plan de sauvetage de 10 milliards d’euros comprenant une

taxe exceptionnelle et sans précédent sur les dépôts bancaires. «La solution que nous avons choisie est douloureuse, mais c’était la seule qui nous permettait de continuer nos vies sans remous», a assuré le président chypriote Nicos Anastasiades, soulignant le risque «d’effondrement» de tout le système

bancaire de l’île. Nicos Anastasiades a annoncé qu’il s’adresserait à la nation dimanche au sujet du plan de sauvetage

conclu samedi à l’aube, le premier dans l’Union européenne à mettre largement à contribution les déposants. Le Parlement, engagé dans une course contre la montre pour valider cet accord avant que

les banques ne rouvrent leurs portes mardi matin (lundi étant férié), doit s’exprimer dimanche. Anastasidades, de retour de Bruxelles samedi soir, va rencontrer des dirigeants de partis politiques de

l’île en soirée et se rendre dimanche matin au Parlement où une Assemblée plénière est prévue.

Pour réduire leur participation à ce prêt, pour lequel Nicosie demandait 17 milliards, les bailleurs de fonds

lui ont demandé d’instaurer une taxe exceptionnelle de 6,75% sur tous les dépôts bancaires en-deçà de 100 000 euros et de 9,9% au-delà de ce seuil. Ces prélèvements, censés rapporter 5,8 milliards d’euros, seront appliqués à toutes les personnes résidant sur l’île. Les taxes sur le capital et les intérêts des

dépôts seront entièrement compensées par la distribution d’actions, a précisé le ministre des Finances Michalis Sarris. Dans ses négociations avec l’UE et le Fonds monétaire international (FMI), le

gouvernement a également dû céder sur une autre ligne rouge et accepter la hausse de l’imposition

sur les entreprises. Au final, la dette chypriote sera de 100% du PIB en 2020.

«Désastre»

Peu après l’annonce des contreparties de l’accord, des dizaines de Chypriotes et d’étrangers ont

tenté de retirer de l’argent des distributeurs automatiques.  «C’est une catastrophe», estime un

Chypriote de 45 ans venu retirer de l’argent. «Cela va nous donner envie de sortir de l’euro», dit un

autre, retraité. Néanmoins ces retraits ne vont pas empêcher la ponction sur leur compte comme

l’explique Marios Skandalis, vice-président de l’Institut des experts comptables publics de Chypre,

car selon lui les montants correspondant à la taxe «sont déjà bloqués et ne peuvent plus être

transférés».

Un dirigeant d’entreprise belge était également très inquiet. «Je ne sais pas encore si ça touche

ma société, mais si jamais la mesure s’applique aux sociétés, c’est la faillite pour nous».

«La situation est grave mais pas tragique, il n’y a pas de raison de paniquer», a tenté de rassurer

le porte-parole du gouvernement, Christos Stylianides. Mais le député du parti Diko (centre-droit)

dont la direction a soutenu l’élection de M. Anastasiades, Nicolas Papadopoulos, s’est élevé contre

l’accord en le qualifiant de «désastre» pour le système bancaire, un pilier de l’économie du pays.

«C’est un cauchemar», a-t-il déclaré à la radio d’Etat.

Bank of Cyprus, la première banque de Chypre, particulièrement affectée par son exposition à la

crise grecque, a qualifié les décisions prises à Bruxelles de «douloureuses et surprenantes», estimant «parfaitement compréhensible que l’opinion publique soit inquiète».

Des appels à manifester ont été lancés, notamment par le candidat déçu aux élections présidentielles

de février, George Lillikas, qui avait fait campagne contre le plan de sauvetage. Ce dernier a appelé

à une mobilisation mardi.

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