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Dean Barker (à g.) et ses équipiers ont du mal à encaisser la défaite. (Reuters)
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A sept reprises, les Néo-Zélandais ont eu l’occasion de tuer le match et de remporter la 34e de la Coupe de l’America. Mais faute de pouvoir contrer la montée en puissance d’Oracle, Dean Barker et ses hommes ont échoué. Et la participation néo-zélandaise à la prochaine édition n’est pas encore assurée.
"Choke". Ce terme propre à la langue anglaise a connu une progression de 3000% chez les deux millions de Néo-Zélandais utilisateurs de Facebook depuis mercredi. Sa définition est simple: se dit de l’échec d’une équipe ou d’un athlète lors d'une compétition abordée en position de favori ou après avoir pris un avantage substantiel. Un mot qui colle à la performance d’Emirates Team New Zealand lors de la 34e Coupe de l’America, finalement abandonnée mercredi aux Américains d’Oracle après avoir pourtant compté sept balles de match en main…
"Merde", a simplement commenté sur Twitter John Key, le Premier ministre néo-zélandais, entre deux réunions des Nations Unies à New York. Une réaction qui résume le sentiment d’un pays uni derrière ses marins pour reconquérir l’Aiguière d’argent arrachée en 2003 par le milliardaire Ernesto Bertarelli et le "traître" Russell Coutts à la tête d’Alinghi. Malgré le soutien d’une nation et d’un Etat, qui a contribué à près d’un tiers du budget d’Emirates Team New Zealand (estimé à 100 millions de dollars US), Dean Barker et ses hommes ont touché du doigt le trophée sans pouvoir l’agripper.
"Vous ne saurez jamais à quel point ce que votre soutien signifiait pour nous et nous sommes désolés de ne pas avoir gagné, a réagi le barreur et skipper néo-zélandais, ému aux larmes. Nous avons tout donné, nous n’avons rien lâché, et tout ce que nous pouvons vous dire, c’est merci." Et à bientôt ? Rien n’est moins sûr. Seul challenger à s’être présenté sur la ligne de départ sans l’appui d’un milliardaire (Larry Ellison pour Oracle, Torbjörn Törnqvist pour Artemis et Patrizio Bertelli, l’époux de l’héritière de Prada, pour Luna Rossa), Team New Zealand - que Steve Hansen, le sélectionneur des All Blacks, a qualifié de "Mustang" face à la "Ferrari" Oracle - aura du mal à renouveler l’expérience.
"Ce sera difficile pour l’équipe de rester ensemble, surtout d’un point de vue financier", a reconnu Grant Dalton, le manager de Team New Zealand. Au point de se demander si James Spithill et son équipage n’ont pas seulement remporté la 34e Coupe de l’America mais tout simplement conduit Team New Zealand à sa perte en baie de San Francisco. "Je n’y crois pas. Il peut y avoir quelques changements au sein de Team New Zealand, mais c’est clairement une équipe qui apporte beaucoup au pays, a réagi Russell Coutts, ancien héros des Kiwis passé sous pavillon américain. Je vais vous dire quelque chose qui va certainement surprendre beaucoup de gens, mais c’était le meilleur défi néo-zélandais jusque là."
Une équipe capable de rivaliser avec la puissance de feu d’Oracle (dont le budget a été estimé à 200 millions de dollars US). Mais qui ne s’y risquera plus si Larry Ellison, qui reste donc le maître du jeu (le Defender à l’immense avantage de définir les règles de l’édition suivante), ne réduit pas la voilure. "On va tous s’assoir autour de la table et discuter du type de bateaux que nous voulons pour aller plus loin encore", a assuré Larry Ellison, conscient que les AC72, ces catamarans à aile rigide qui ont propulsé la voile dans une nouvelle ère, aussi spectaculaires soient-ils, sont inabordables pour la grande majorité des challengers tentés par la Coupe de l’America. "La Coupe de l’America sans la Nouvelle-Zélande est simplement impossible à concevoir. Je pense qu’ils seront de retour", a-t-il ajouté. "On y sera probablement, a fini par admettre Grant Dalton. Mais j’ai certainement fait mon temps." La révolution est en marche. Suivent ceux qui peuvent…