"dernier avertissement" du premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, avant une intervention de la police.
"Nous resterons au parc Gezi avec nos tentes, nos sacs de couchage, nos chansons, nos livres, nos poèmes et toutes nos revendications", a déclaré lors d'une conférence de presse l'avocat Can Atalay, au nom Solidarité Taksim, la principale coordination des manifestants.
Plus tôt dans la journée, le premier ministre avait lancé un "dernier avertissement" aux manifestants pour qu'ils évacuent immédiatement le parc Gezi. "Nous avons gardé notre patience jusqu'à présent, mais la patience touche à sa fin. Je lance mon dernier avertissement : mères, pères, s'il vous plaît, retirez vos enfants de là", a-t-il dit lors d'un discours à Ankara devant des maires de son Parti de la justice et du développement (AKP).
Lire le chat avec Elise Massicard, de l'Institut français d'études anatoliennes : Turquie : jusqu'où ira Erdogan ?
Mercredi soir, le premier ministre a fait un geste en proposant, lors d'une réunion avec une dizaine de "représentants" du mouvement choisis par les autorités, un référendum municipal sur le projet d'aménagement de la place et l'avenir du parc.
UN RÉFÉRENDUM FRAÎCHEMENT ACCUEILLI PAR LES MANIFESTANTS
Mais le vice-premier ministre, Huseyin Celik, qui a rendu compte de la rencontre, a immédiatement suggéré que cette offre ne pourrait se concrétiser sans l'évacuation des occupants, qui défient toujours l'autorité du gouvernement. "Je crois qu'après ce geste de bonne volonté, les jeunes vont décider de quitter le parc Gezi, a lancé M. Celik. Nous ne pouvons pas accepter, bien sûr, que ces manifestations se poursuivent éternellement."
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envisager une consultation populaire pour décider du sort du parc", a déclaré Tayfun Kahraman, membre de la principale coordination des occupants du parc, Solidarité Taksim. Par ailleurs, il a souligné que "les conditions ne sont pas remplies" pour pratiquer une telle consultation, le droit turc ne prévoyant de recours au référendum que dans le cadre de réformes constitutionnelles.
Greenpeace a aussi pointé du doigt les difficultés juridiques d'un référendum, mais s'est réjouie de la "transparence" de la méthode. "Aucun référendum significatif ne peut avoir lieu dans le climat actuel de peur et de répression policière", a-t-elle toutefois jugé. M. Erdogan a écarté jeudi toute objection juridique et a confirmé sa volonté d'en appeler aux habitants de la mégapole turque. "Il n'y a pas d'empêchement légal", a-t-il assuré.
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Retranchés sous "leurs" platanes, les irréductibles du parc Gezi ont reçu tard mercredi soir le soutien de plusieurs milliers de personnes qui ont réinvesti la place Taksim, malgré la présence de centaines de policiers, avant de quitter les lieux dans la nuit sans incident. Dans la capitale, Ankara, par contre, la police antiémeute a lancé des gaz lacrymogènes mercredi soir pour disperser quelque deux mille manifestants.
LES CRITIQUES "INACCEPTABLES" DU PARLEMENT EUROPÉEN
Sûr du soutien d'une majorité de Turcs, le premier ministre a adopté, depuis le début de la crise, un ton très ferme contre les manifestants, qui dénoncent sa dérive autoritaire et l'accusent de vouloir "islamiser" la société turque. Son intransigeance lui a valu de nombreuses critiques et a écorné son image à l'étranger. Jeudi, le Parlement européen a exprimé sa "profonde inquiétude" face à "l'intervention brutale de la police" contre les manifestants.
Piqué au vif, le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, a jugé "inacceptable" la résolution européenne, répétant que son pays était une "démocratie de toute première classe". "Vous vous prenez pour qui ?", a lancé aux Européens M. Erdogan.
Selon le dernier bilan publié mardi par le syndicat des médecins turcs, les manifestations ont fait quatre morts, trois manifestants et un policier, et près de cinq mille blessés, dont plusieurs dizaines grièvement.
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