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LEMONDE.FR avec AFP | 16.10.11 | 08h41 • Mis à jour le 16.10.11 | 18h54

Des opposants au président yéménite Ali Abdallah Saleh manifestent, samedi 15 octobre, dans la capitale Sanaa.AP/Hani Mohammed
Des dizaines de milliers de Yéménites ont marché sur une zone tenue par les forces fidèles au président Saleh, au lendemain de la dispersion sanglante d'une marche similaire. "Allah Akbar (Dieu est le plus grand), notre manifestation est pacifique", ont scandé les manifestants qui brandissaient les portraits de leurs camarades tués lors de la répression de marches précédentes.
Des soldats de la Première division blindée, ralliée à la contestation, marchaient devant le cortège. A leur arrivée dans la zone tenue par les forces du président Saleh, les manifestants ont été pris sous les tirs de tireurs embusqués postés sur les immeubles environnants, et les soldats dissidents ont riposté aux sources de tirs.
DOUZE MORTS SAMEDI
Samedi, les forces loyales au président ont ouvert le feu sur une marche qui réclamait la démission de M. Saleh, faisant douze morts et une centaine de blessés. La manifestation était partie de la place du Changement, épicentre de la contestation protégé par des unités dissidentes de l'armée, et avait marché vers le secteur contrôlé par les pro-Saleh. Les tirs se sont produits à proximité du ministère des affaires étrangères.
Malgré des mois de protestations populaires et des pressions internationales et régionales, M. Saleh, au pouvoir depuis 33 ans et accusé de corruption et de népotisme, refuse de partir. Il avait été blessé dans une attaque contre son palais en juin et hospitalisé à Ryad avant de regagner son pays fin septembre.
APPEL À LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE
Dimanche, le général dissident Ali Mohsen al-Ahmar a appelé la communauté internationale à "intervenir rapidement pour mettre un terme aux massacres commis par cet ignorant", le président Saleh, et à le forcer à accepter le plan des monarchies du Golfe, prévoyant son départ.
Le général dissident, dont les troupes contrôlent une partie de Sanaa, a également proposé une démilitarisation des villes pour éviter de nouvelles pertes parmi les civils. Il propose le retrait des forces armées loyales au chef de l'Etat et des militaires de la 1ère division blindée qu'il commande afin de les redéployer à au moins 200 km des centres urbains.