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Alors que Moody's a relégué la note de la dette du Portugal en catégorie spéculative mardi soir,
un vent d'inquiétudes souffle sur les marchés européens.
La sanction de l'agence de notation a surpris par sa sévérité. « La note était sous surveillance négative depuis le 5 avril pour une possible dégradation de deux crans », explique Barclays Capital. « C'est un peu surprenant de l'abaisser de quatre crans, surtout quand les nouvelles sur le Portugal sont relativement neutres ces temps-ci ; cela nous semble être une réaction à la situation grecque. » L'équipe de Barclays craint que Fitch ne sévisse aussi prochainement sur le Portugal.
L'un des arguments avancés par Moody's est que le pays risque d'avoir besoin d'un nouveau plan de sauvetage car il n'aura probablement pas accès aux marchés financiers comme prévu. Autrement dit, le Portugal se retrouve dans une situation assez proche de celle de la Grèce.
La nouvelle tombe mal, alors que les autorités et les créanciers privés peinent à se mettre d'accord sur un second dispositif pour soutenir la Grèce. Les banquiers se réunissent d'ailleurs ce mercredi.
Les Bourses d'Europe du sud sont affectées. Lisbonne perd 2,7 %, Madrid 1,5 % et Milan 2,2 %.
Sur le marché obligataire, le Portugal est sous forte pression. Les taux à 2 ans bondissent de 153 points de base à 14,47 %. Le rendement des obligations grecques de même maturité se tend de 50 points à 25,49 % et celui des obligations irlandaises de 72 points à 12,56 %.
Les effets vont au-delà des pays périphériques. La prime de risque (« spread ») de la France, c'est à dire l'écart de taux à 10 ans avec l'Allemagne , atteint ainsi 0,52 %, un plus haut depuis plus d'un an.
Les taux français ne se tendent pourtant pas ce mercredi matin, mais le rendement de la dette allemande se détend fortement, signe d'une recherche de sécurité de la part des investisseurs.
Sur le front du crédit, les CDS des banques montent. Cela reflète les inquiétudes sur le secteur financier, exposé au risque « périphérique » ainsi qu'aux tensions sur la liquidité.
Pour aller plus loin :
POINT DE VUE de Kenneth Rogoff. La crise en Europe est d'abord institutionnelle (4 juillet)
Photo : AFP/ MartinOeser