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Les marchés restent nerveux après la légère baisse du chômage américain

Les marchés restent nerveux après la légère baisse du chômage américain

LEMONDE.FR avec AFP | 05.08.11 | 06h38   •  Mis à jour le 05.08.11 | 17h58

La Bourse de Paris a clôturé pour la dixième journée consécutive en baisse.

La Bourse de Paris a clôturé pour la dixième journée consécutive en baisse.AFP/FRANK RUMPENHORST

Les marchés mondiaux restaient nerveux vendredi après leur plongeon de la veille. Des chiffres meilleurs que prévu de l'emploi aux Etats-Unis n'ont pas suffi à apaiser les angoisses concernant l'économie mondiale et la crise de la dette en zone euro.

L'économie américaine a créé 117 000 emplois en juillet, mois au cours duquel le taux de chômage a baissé d'un dixième de point à 9,1 %. Ces chiffres nettement supérieurs aux pronostics ont été bien accueillis par les marchés, dans un premier temps, avant que le pessimisme ne reprenne le dessus.

  • Les Bourses européennes se stabilisent

Les places européennes ont brièvement rebondi à l'annonce des chiffres américains. Mais à 16 heures, la Bourse de Paris était repartie à la baisse, cédant à la clôture 1,26 %, et atteignant ainsi son plus bas niveau depuis juillet 2009. C'est la dixième séance consécutive de baisse pour le marché parisien, du jamais-vu pour le CAC40.

La Bourse londonienne a plus lourdement chuté, l'indice Footsie-100 perdant 2,71 % en fin de séance. A Francfort, le Dax termine lui aussi en recul de 2,78 % à 6 236,16 points. A contre-courant, Madrid, qui évoluait dans le vert dans l'après-midi, finit en légère baisse, abandonnant 0,18 %. L'indice Ibex a notamment profité de rumeurs selon lesquelles la Banque centrale européenne (BCE) s'apprêterait à acheter des obligations espagnoles et italiennes peu prisées par les marchés.

L'Italie et l'Espagne ont publié vendredi les chiffres de leur croissance au deuxième trimestre, qui se sont avérés poussifs : la croissance a ralenti en Espagne à 0,2 % contre 0,3 % au premier trimestre, tandis qu'elle a accéléré à 0,3 % en Italie. Cette situation inquiète les marchés, car elle rend mécaniquement plus difficile l'assainissement budgétaire. "Si les Etats ont une dette élevée, ils doivent croître, sinon cette dette devient insoutenable. C'est le point crucial et c'est pour cela que l'Italie et l'Espagne sont devenus la cible [des marchés]", analyse Chiara Corsa, économiste de UniCredit.

Le commissaire européen aux affaires économiques, Olli Rehn, a affirmé que l'Espagne et l'Italie n'auront pas besoin de plan d'aide, contrairement à la Grèce, à l'Irlande ou au Portugal, car "leurs fondamentaux économiques ne le justifient pas".   Il a plaidé pour l'augmentation des capacités du fonds de soutien européen et a appelé les marchés à la patience.  

Jeudi, le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, avait échoué à enrayer la panique boursière malgré l'annonce par la Banque centrale européenne (BCE) d'une reprise de ses achats sur le marché de la dette.

Face aux turbulences dans la zone euro, le président français, Nicolas Sarkozy, avait ouvert des consultations, mercredi et jeudi, avec le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, pour évoquer la "situation boursière". Il doit s'entretenir séparément vendredi au téléphone avec la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero.

La Bourse de New York peinait à trouver une direction claire vendredi après-midi, volatile face à un rapport sur l'emploi américain qui n'offrait qu'un petit répit après les lourdes pertes de la veille. Le Dow Jones perdait 0,23 % et le Nasdaq 0,76 % vers 16 h 30.

Jeudi, Wall Street avait lourdement chuté, participant à la débâcle générale des marchés financiers, minés par les craintes de voir l'économie mondiale ralentir. Le Dow Jones avait lâché 4,31 % pour retrouver son niveau de décembre, le Nasdaq 5,08 %.

Dans un marché très tendu, épuisé par une série d'indicateurs inquiétants pour la croissance future aux Etats-Unis, l'annonce de chiffres de l'emploi meilleurs qu'attendu, une heure avant l'ouverture du marché, a d'abord provoqué "un soupir de soulagement entendu de Chicago à Melbourne", a noté Patrick O'Hare, de Briefing.com.

"Le rapport reste médiocre, et l'on a vu une précédente série de mauvais indicateurs, ce qui suggère que l'on n'est pas sorti d'affaire. Mais c'est une publication bienvenue, meilleure que les prévisions", a observé Lindsey Piegza, de FTN Financial. Les analystes tablaient sur la création de 85 000 emplois nets et un taux de chômage restant stable à 9,2 %. Toutefois les indices ont rapidement replongé dans le rouge, avant d'osciller autour de l'équilibre.

La première économie mondiale a donné, ces dernières semaines, des signes de faiblesse qui ont pesé lourdement sur la cote de popularité du président Barack Obama. Mardi, celui-ci avait appelé la classe politique à "faire tout ce qui est en [son] pouvoir pour faire croître cette économie et remettre l'Amérique au travail".

  • Les craintes d'une contagion en Asie

En Asie, où les Bourses avaient fermé avant l'annonce des chiffres de l'emploi américain, Tokyo a dévissé vendredi de 3,72 % et Hongkong de 4,29 %. La Chine et le Japon ont appelé à une coopération internationale. Le ministre des finances japonais, Yoshihiko Noda, a souligné la nécessité de traiter les problèmes de distorsion sur le marché des changes, la crise de la dette et la question économique américaine, au lendemain d'une intervention du Japon pour vendre du yen.

La Chine souhaitait, pour sa part, améliorer la coordination entre puissances mondiales face aux risques nés des problèmes de dette aux Etats-Unis et en Europe, soulignait son ministre des affaires étrangères, Yang Jiechi. Ce dernier a notamment appelé la première puissance économique mondiale à adopter une politique monétaire "responsable" et à protéger les investissements en dollars des autres pays.

Ces appels des deux principaux créanciers étrangers des Etats-Unis soulignent les craintes de plus en plus grandes d'une contagion en Asie, où les marchés avaient lourdement chuté vendredi matin, dans le sillage du décrochage de la veille à Wall Street.

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