
Depuis que le marché d'Adawlato a brûlé, certaines Nanas Benz tiennent leur stand dans la rue. Photo prise par notre Observateur Gracia Egom Amah.
L’incendie qui a ravagé le marché central de Lomé en janvier dernier a porté un coup fatal à l’activité des Nanas Benz, ces célèbres commerçantes dont certaines ont fait fortune dans la vente de pagnes il y a une quarantaine d’années. Doyenne du mouvement Nana Benz, notre Observatrice nous explique qu’en l’absence d’un lieu digne de ce nom et de plus en plus soumise à la concurrence étrangère, elles ont aujourd’hui recours au système D pour écouler leurs pièces.
Au Togo, il est impossible de parler du commerce de tissus sans évoquer les Nanas Benz qui, à partir des années 1970, ont su s’imposer comme de véritables businesswomen. Surnommées ainsi en raison des Mercedes Benz avec lesquelles certaines se déplaçaient, elles sont devenues au fil des années un poids majeur de l’économie togolaise. Elles ont fait partie des personnalités les plus riches du Togo et leur renommée dépassait les frontières du pays. Le marché d’Adawlato, qui a été réduit en cendres le 12 janvier, a longtemps attiré des commerçants venant de toute l’Afrique de l’ouest en quête de tissu wax hollandais, réputé pour son excellente qualité.
Mais le monopole des Nanas Benz a cependant fini par s'effondrer. Au début des années 1990, d'autres femmes africaines, notamment du Nigeria, se lancent à leur tour dans la fabrication de wax dont elles ont assimilé la technique et qu’elles vendent beaucoup moins cher que leurs homologues togolaises.
Au début des années 2000, les Nanas Benz doivent composer en plus avec la concurrence chinoise qui investit massivement le marché togolais, inondant le pays de tissus wax fabriqués à Shanghai et vendus dix fois moins chers. Face à ce constat, les autorités togolaises, de plus en plus dépendantes de l'aide chinoise, semblent impuissantes pour éviter ce déclin.
