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L’Armée syrienne libre (ASL) a annoncé mardi 17 juillet avoir lancé une "opération de grande envergure" contre le régime du président Bachar al-Assad. Un "tournant", selon eux, dans la révolte commencée en mars 2011. L’opération "Le volcan de Damas et les séismes de Syrie" vise à attaquer tous les postes de contrôle de sécurité du pays, à bloquer des grandes routes et à appeler à la défection des soldats de l’armée régulière.
Les combattants tentent également de déstabiliser les autorités syriennes en attaquant le centre de la capitale syrienne. "La bataille pour la libération de Damas a commencé et les combats ne cesseront pas dans la capitale. Nous allons vers la victoire", a assuré le colonel Kassem Saadeddine, porte-parole de l'ASL contacté par l'AFP, poursuivant : "Nous avons un plan clair pour contrôler tout Damas. Nous disposons d'armes légères mais elles sont suffisantes. Attendez-vous à des surprises". Les insurgés ont ainsi affirmé à Reuters avoir abattu un hélicoptère de combat au-dessus de Kaboun, un quartier de Damas.
Depuis le 15 juillet, Damas est le théâtre d’affrontements d’une ampleur sans précédent. Considérée comme un bastion imprenable du pouvoir, la capitale syrienne avait jusqu’alors été largement épargnée par les violences. Les rebelles ont annoncé contrôler les quartiers périphériques de al-Tadamone et Midane, situés à trois kilomètres à l’est et au sud du centre-ville, des zones pilonnées depuis par l’armée. Le 17 juillet, les combats se poursuivaient dans plusieurs quartiers autour de Damas. Des tirs d’armes automatiques ont en outre été entendus au cœur de la ville, à proximité de la banque centrale et du ministère des Finances.
Un militant interrogé par l’AFP témoigne de la violence des combats. "Ils [les militaires du régime, ndlr] tirent sur tout et viennent de détruire la mosquée Ghazwat Badr. Il y a de nombreux blessés et il n’y a pas assez de médecins pour les soigner", affirme-t-il, avant de lâcher : "Le régime qui s’effondre devient fou". Dans la seule journée du 16 juillet, 149 personnes - 82 civils, 41 soldats et 26 rebelles - ont trouvé la mort sur l’ensemble du pays, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
La IVe division à l'œuvre
Signe que la situation s’aggrave pour le régime, la IVe division de l’armée - dirigée par Maher al-Assad, le frère de Bachar - est mobilisée. Sa mission consistant principalement à protéger Damas, elle n’était jusqu’à présent intervenue qu’une seule fois dans le conflit : pour mater la rébellion de Baba Amr, quartier de Homs, à l’ouest de la Syrie. En mars dernier, la IVe division avait assiégé ce quartier pendant plus d’un mois, le pilonnant sans relâche avant de finalement le raser. Un massacre. Interrogé par Reuters, Yaacoub Hossein, un militant présent à al-Tadamone (sud-est de Damas), affirme que les unités rebelles se sont dispersées tout autour de la ville pour éviter que le scénario de Baba Amr ne se répète. "Ils [les combattants de l’ASL, ndlr] ont appris de Baba Amr à ne pas concentrer leurs forces. Donc les combattants se dispersent. Vous allez voir que les combats vont éclater d'un lieu à l'autre", assure-t-il.
Une tactique qui semble pour l’heure porter ses fruits. "Les garnisons de l’armée de Bachar al-Assad tout autour de Damas se sont retrouvées prises au piège sur leur arrière par des rebelles que l’on ne soupçonnait pas se trouver à cet endroit, explique Gauthier Rybinski, specialiste des question internationales à FRANCE 24. Cela veut dire qu’une partie de la population de Damas, qui craignait auparavant beaucoup les rebelles et la fin de l’ordre établi, est en train de se retourner en faveur de la rébellion."
Les Frères musulmans, influente composante de l’opposition syrienne, ont d’ailleurs appelé la population à soutenir la "bataille décisive de Damas". Pour Khattar Abou Diab, chercheur en géopolitique et professeur à l’université de Paris-Sud, c’est dans le ralliement de la population que se trouve la clé de la victoire : "Dans toute guerre, même face à un déploiement considérable de force, c’est à moyen terme la volonté populaire qui finit par l’emporter".