Le nom de Spanghero est désormais au coeur du scandale de la viande de cheval vendue à la place de boeuf - une affaire qui concerne plusieurs pays européens, dont la France. Avec déjà une première sanction d'importance : les autorités françaises ont accusé de "tromperie économique" la société agroalimentaire et lui ont supprimé son agrément sanitaire. Selon Benoît Hamon, ministre de la Consommation, Spanghero savait pertinemment qu'elle revendait du cheval en lieu et place de viande de boeuf... sachant que le cheval est bien moins cher que le boeuf. "Ce trafic durait depuis plusieurs mois", et portait sur plus de 750 tonnes, dont 550 tonnes livrées à la société française Comigel via la société Tavola, un sous-traitant qui fabrique les plats préparés et est situé au Luxembourg, a affirmé le ministre.
Première traduction des sanctions annoncées jeudi : dès ce vendredi, une brigade nationale de vétérinaires doit être présente dans les locaux de l'entreprise pour poursuivre les investigations et expertises. Selon le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, les résultats de ces investigations devraient être rendus dans une semaine pour décider d'un retrait d'agrément définitif ou pas. Un comité d'entreprise devrait également se dérouler vendredi matin dans les locaux, selon les syndicats.
"La direction ne nous a pas parlé"
Mais cette sanction fait aussi peser une lourde incertitude sur l'avenir de cette importante entreprise de Castelnaudary, qui emploie environ 300 personnes. Vendredi matin, un comité d'entreprise extraordinaire s'est tenu chez Spanghero, à l'issue duquel Christophe Giry, directeur commercial, a donné lecture d'un communiqué élaboré avec le personnel. Un texte dénonçant la décision prise par le ministre délégué à la Consommation Benoît Hamon et le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, qui "condamne à mort 300 personnes et leurs familles, sans compter tous nos partenaires".
La veille au soir, à la sortie des locaux de la société, la quasi-totalité des employés, visiblement tendus, se refusaient à tout commentaire. "Ça nous choque, ça inquiète tout le monde", expliquait l'une des rares salariées à accepter de parler. Selon elle, "la direction ne nous a pas parlé aujourd'hui" des déboires de la société. "Il y a de quoi être inquiet", se bornait pour sa part à dire, au téléphone et sous couvert de l'anonymat, un représentant syndical de la société.
Spanghero s'était déjà retrouvée dans l'oeil du cyclone en juin 2011 lorsqu'elle avait dû rappeler à titre préventif une douzaine de tonnes de steaks hachés à la suite d'une alerte à la bactérie E.Coli pathogène. A l'époque, l'alerte avait été levée lorsque les analyses avaient dédouané les produits en question.
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