Cette attaque a été attribuée par l'opposition libanaise et les experts au régime syrien, confronté depuis 19 mois à une révolte qu'il tente d'écraser.
Sur la place des Martyrs, au centre de Beyrouth, sont placardées des affiches géantes du général et chef des services de renseignements de la police libanaise, avec ces mots: «le martyr de la justice et de la vérité». «Une seule révolution dans deux Etats» proclamait une banderole faisant allusion à la Syrie et au Liban, «Va t'en Najib» Mikati, l'actuel Premier ministre libanais ou «Bachar, hors du Serail», siège du chef du gouvernement. Dans ce cabinet, le parti chiite Hezbollah, puissant allié de Damas et de Téhéran, occupe une place prépondérante.
Un cortège majoritairement sunnite comme al-Hassan
Sur cette place emblématique de la capitale, flottaient des drapeaux libanais et ceux de la révolution syrienne, des étendards bleus du Courant du Futur du chef de l'opposition Saad Hariri, ou rouges du Parti socialiste progressiste du chef druze Walid Joumblatt, un virulent contempteur du président syrien. La majorité des manifestants sont des sunnites, communauté à laquelle appartenait le défunt, des chrétiens et des druzes.
«Nous voulons poursuivre ce que nous avons entamé en 2005. A cette époque, les Syriens sont sortis du Liban. Aujourd'hui nous voulons les empêcher de revenir et faire sortir l'Iran», incarné par le mouvement chiite Hezbollah, a affirmé Ahmad Fatfat, député du bloc de l'ancien Premier ministre Saad Hariri.
Les opposants veulent réitérer la manifestation géante contre Damas, qui avait suivi l'assasinat de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri, père de Saad, et abouti au départ des troupes syriennes du Liban en 2005.
Cérémonie militaire
Au cours d'une cérémonie militaire au quartier général de la police en présence notamment du Premier ministre et de la famille du défunt, le chef de l'Etat Michel Sleimane a demandé à la justice d'accélerer la rédaction de l'acte d'accusation contre l'ancien député Michel Samaha. Partisan inconditionnel du régime de Damas, il a été arrêté par le général Hassan qui l'accusait d'avoir transporté des explosifs pour commettre des attentats afin de créer le chaos à l'instigation du très puissant chef des renseignements syriens, le général Ali Mamlouk.
Ce haut gradé de la police a joué un rôle majeur dans l'enquête sur les nombreux attentats qui ont visé entre 2005 et 2008 des personnalités libanaises anti-syriennes, dont Rafic Hariri. Mais surtout, il avait défié le général Mamlouk, en étant à l'origine du mandat d'arrêt délivré en août contre lui par la justice libanaise dans le cadre de l'enquête sur Michel Samaha.
Séisme politique au pays du Cèdre
Les cercueils du général et de son chauffeur recouverts du drapeau libanais ont été ensuite transportés vers la mosquée al-Amine où ont lieu des funérailles publiques. Il sera inhumé dans le mausolée de Rafic Hariri, qui fut son mentor, à la demande de Saad Hariri.
Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a jugé dimanche «probable» l'implication de Damas. «Tout indique que c'est le prolongement de la tragédie syrienne», a-t-il dit en accusant le président Assad «d'essayer d'élargir la contagion» du conflit syrien dans les pays voisins.
La mort brutale du général sunnite vendredi a provoqué un séisme politique au Liban, mais malgré les appels à sa démission, le Premier ministre Najib Mikati a choisi de rester à son poste dans «l'intérêt national» et pour éviter «le vide politique» qui pourrait plonger le pays fragilisé dans le chaos. La Syrie n'a pas réagi officiellement jusqu'à présent à ces accusations.
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