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Libéré des primaires, Romney relance sa campagne contre Obama

Libéré des primaires, Romney relance sa campagne contre Obama

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | <time datetime="2012-04-25T16:50:25+02:00" itemprop="datePublished">25.04.2012 à 16h50</time> • Mis à jour le <time datetime="2012-04-25T18:28:07+02:00" itemprop="dateModified">25.04.2012 à 18h28</time>

 

<figure class="illustration_haut"> Mitt Romney a cessé de s'intéresser à ses adversaires distancés dans les primaires républicaines, et se présente seul face à M. Obama. </figure>

Pratiquement assuré d'obtenir l'investiture républicaine après son succès dans les cinq primaires organisées mardi 24 avril, Mitt Romney a lancé officiellement sa campagne en vue de l'élection présidentielle du 6 novembre, en tournant toute son attention vers Barack Obama.

M. Romney ne dispose pas encore du nombre suffisant de délégués du parti. Mais fort de 29 succès en 43 consultations et du retrait, il y a deux semaines, de son principal rival, Rick Santorum, il a désormais tourné la page d'interminables primaires, dont la dernière a lieu le 26 juin. Le "petit" candidat ultra-conservateur Newt Gingrich, qui restait dans la course sans espoir de victoire, pourrait ainsi se retirer dès mercredi.

  • Le discours

Depuis deux semaines, M. Romney a déjà multiplié les attaques contre Barack Obama. Son équipe et ses aides peignent à gros traits les années noires et la dépression économique qui guetterait l'Amérique si M. Obama était réélu pour quatre ans, en septembre, alimentant notamment la colère des électeurs face à la hausse du prix de l'essence.

Le candidat républicain a pris quelque distance, mardi, avec ces attaques, lançant un slogan plus constructif : "une Amérique meilleure". Il a promis plus de liberté économique et moins de "chèques du gouvernement", moins d'impôts ou encore, en allusion à la lente et douloureuse sortie d'Afghanistan de l'armée américaine, "une Amérique qui n'a plus à s'excuser".

En face, l'équipe Obama peine à faire campagne sur son bilan économique mitigé, avec un chômage toujours élevé, une croissance qui peine à reprendre son souffle et une dette publique abyssale. Oubliant le message positif d'"espoir" et de "changement" de la campagne 2008, les démocrates multiplient les spots publicitaires critiquant l'adversaire, et tentent de mobiliser les électeurs sur le thème de la défense de la classe moyenne, durement touchée par la récession de 2007-2009, tout en défendant une hausse de la fiscalité pour les très riches.

Lire : "Le match présidentiel Obama-Romney est lancé"

  • L'équipe

Dans le même temps, Mitt Romney accélère ses consultations pour trouver un colistier et éventuel vice-président. Mardi, en Pennsylvanie, on a vu émerger à ses côtés le sénateur de Floride, Marco Rubio. Ce fils de d'immigrés cubains pauvres est un produit emblématique du rêve américain, une illustration jeune (41 ans) et souriante des thèmes de campagne de Mitt Romney. Porté par la vague réactionnaire du Tea Party, il pourrait rallier une partie de l'électorat latino, tout en animant l'image de M. Romney, jugée souvent froide et distante, de mormon multimillionnaire.

<figure class="illustration_haut"> Le jeune sénateur Marco Rubio pourrait apporter des voix latino à M. Romney, et contrebalancer son image froide de mormon millionnaire. </figure>

La semaine dernière, M. Rubio a présenté un projet de compromis républicain, face au "Dream act" de M. Obama. Celui-ci vise à assouplir l'accès à la citoyenneté pour les enfant d'immigrés illégaux ayant grandi aux Etats-Unis, via l'université ou l'armée. M. Romney a affirmé par le passé qu'il refuserait l'essentiel de ce projet important pour les démocrates. Mais hier, le candidat républicain n'a pas fermé la porte au compromis de Marco Rubio un visa spécifique, qui donnerait un accès légal au marché du travail et à l'université.

Outre M. Rubio, une poignée de candidats potentiels ont fait campagne avec Mitt Romney ces dernières semaines, partageant qui un avion, qui un meeting en foire rurale, qui un "hamburger au beurre". Parmi ces femmes (la sénatrice du New Hampshire, Kelly Ayotte), ces jeunes et une figure de la lutte contre la corruption (le gouverneur du New Jersey, Chris Christie), M. Romney fera son choix d'ici au mois d'août.

Lire : "Mitt Romney à la recherche du vice-président idéal"

  • L'argent

La lutte avec ses adversaires républicains achevée, qui a été coûteuse, Mitt Romney a aujourd'hui le loisir d'utiliser ses financements contre M. Obama. A la fin du mois de mars, le candidat disposait d'à peine 10 millions de dollars, après en avoir dépensé 77 millions durant la primaire. Son équipe a cependant ouvert en avril une campagne de levée de fonds record, avec l'objectif de recueillir 800 millions d'ici à l'automne.

Ce sont surtout les comptes des soutiens privés de M. Romney qui se retrouvent libérés des primaires, et prêts à inonder les écrans américains de spots de publicité politiques qui s'annoncent d'une violence inégalée, si possible. Restore Our Future, le principal comité d'action politique ("super-PAC") qui appuyait M. Romney dans les primaires sans, théoriquement, entretenir de lien formel avec lui, a levé près de 53 millions jusqu'ici. Cette machine à attirer les donations de très riches partisans, sans plafonds, légalisée en 2010 par une décision controversée de la Cour suprême, s'est déchaîné contre les adversaires de M. Romney. Elle souhaite maintenant doubler sa cagnotte d'ici à l'élection de novembre.

<figure class="illustration_haut">

En Floride, en janvier, durant une levée de fonds pour un super-PAC menant campagne derrière Mitt Romney.

</figure>

Son relais, American Crossroads, le principal super-PAC du camp conservateur, a annoncé vendredi avoir levé près de 100 millions de dollars. Il en veut 300 d'ici à l'élection. D'autres groupes conservateurs veulent aller jusqu'à 500 millions de dollars.

Les comités démocrates ont été jusqu'ici moins efficaces. Les super-PAC fondés par d'anciens aides d'Obama et ceux affiliés aux principaux membres du Congrès démocrate avaient levé à peine 31 millions de dollars fin mars.

Les caisses de campagne officielle de M. Obama et du Parti démocrate sont plus conséquentes. Elles excèdent largement celles de M. Romney, totalisant 130 millions en cash à la fin du mois de mars. Ceci, même si les gros donateurs de Wall Street et de la Silicon Valley sont beaucoup moins généreux qu'en 2008. Plus de la moitié du pot a été apportée par de petites donations de moins de 200 dollars. Ces dons de "petits" partisans représentaient à peine 10 % des fonds de campagne de Mitt Romney en mars.

Editorial : "Aux Etats-Unis : super-PAC contre démocratie"

Zoom : "Une vingtaine de milliardaires tirent les ficelles"

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