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Le Point.fr - Publié le <time datetime="2012-11-09T16:35" itemprop="datePublished" pubdate=""> 09/11/2012 à 16:35</time> - Modifié le <time datetime="2012-11-09T18:52" itemprop="dateModified"> 09/11/2012 à 18:52</time>
Louis Gallois avoue avoir limité son rapport à un certain nombre de questions. © Eric Feferberg / AFP
La France a un "vrai problème de productivité", a estimé vendredi Louis Gallois, auteur du rapport sur la compétitivité des entreprises françaises, sur BFM Business. "La productivité horaire française reste forte, le problème, c'est qu'elle ne croît plus au rythme souhaitable", a-t-il poursuivi, soulignant qu'elle augmentait à un rythme de "0,8 % par an". "C'est insuffisant, car cela ne permet pas de nourrir la croissance et cela ne permet pas d'assurer des augmentations de salaire correctes", a insisté Louis Gallois, appelant à "investir sur la productivité" qui "n'est pas un ennemi de l'emploi".
L'ancien industriel a rappelé que la France était dotée de 35 000 robots qui étaient "vieux", alors que l'Italie en avait 62 000 et l'Allemagne 150 000. "Je pense qu'investir dans l'automatisation, accroître la productivité du travail, c'est au contraire travailler pour l'emploi", a-t-il martelé.
Il a reconnu que son rapport sur la compétitivité des entreprises sur lequel s'est basé le gouvernement pour lancer un train de mesures destinées à relancer l'économie française en berne contenait peu d'éléments sur l'emploi dans la mesure où il a été obligé "de se cantonner à un certain nombre de sujets".
Reste que la question est au coeur de la reprise française, a-t-il reconnu, alors que la France compte plus de 3 millions de chômeurs. Pour l'ancien industriel, le "problème majeur est le taux d'emploi des Français" qui commencent en moyenne à travailler plus tard (28 ans) que leurs voisins européens et sortent du marché de l'emploi plus tôt (58-59 ans). "Quand la population active est réduite, la possibilité de croissance de l'économie est limitée, et cela veut dire surtout que les charges sociales pour les populations inactives sont massives", a encore souligné Louis Gallois, pour qui accroître ce taux d'emploi constitue "un moyen de réduire les dépenses publiques. C'est un élément décisif."
Concernant les mesures annoncées par le gouvernement, il s'est félicité d'"un départ" tout en reconnaissant que "maintenant la route est longue". Ces mesures "ont un intérêt majeur qui est de changer le climat de sorte que les industriels aient à nouveau envie d'investir", a encore assuré Louis Gallois, insistant : "L'industrie, c'est la clé de tout. Les pays qui résistent à la crise, ce sont des pays qui ont des industries fortes."