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Le ministre luxembourgeois des Finances, Luc Frieden, a affirmé lundi que l'éventuel assouplissement du secret bancaire par son pays était au stade de la "réflexion".
"Ces réflexions ne sont pas actuelles, je les ai déjà faites l'année dernière", a déclaré en marge d'une conférence de presse M. Frieden, précisant que l'échange automatique d'informations sur les dépôts des clients étrangers était "un sujet en discussion depuis un an au moins dans le cadre des négociations avec les Etats-Unis sur la Fatca".
Cette loi américaine, adoptée en 2010, vise à lutter contre l'évasion fiscale en imposant aux établissements financiers étrangers de transmettre au fisc américain des informations sur les comptes détenus par des contribuables américains afin de recouper leurs déclarations.
"J'ai dit depuis un an et à plusieurs reprises qu'il y a une évolution internationale de la fiscalité dont le Luxembourg devait tenir compte dans ses négociations", a souligné M. Frieden, ajoutant que c'était "une réflexion en cours".
Dimanche, M. Frieden avait indiqué que son pays était prêt à réduire partiellement son secret bancaire controversé pour freiner l'évasion fiscale. "La tendance internationale va vers un échange automatique d'informations bancaires. Nous n'y sommes plus strictement opposés", avait-il déclaré au Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung.
Cette annonce n'a pas créé de choc dans la communauté financière luxembourgeoise, qui se dit "préparée" à un renforcement de la coopération fiscale internationale.
"Ce qui m'étonne, ce ne sont pas tant les déclarations de M. Frieden, qui ne sont pas nouvelles pour les banquiers, que l'ampleur qu'elles ont prises", a déclaré à l'AFP Jean-Jacques Rommes, directeur de l¹Association des banques et banquiers du Luxembourg (ABBL).
Selon lui, il n'y a pas de groupe de travail sur ce sujet au Luxembourg, ni de calendrier sur l'introduction de l'échange automatique d'informations fiscales.
"Luc Frieden nous a déjà avertis depuis plus d'un an que sa position pour défendre le secret bancaire et s'opposer à l'échange automatique d'informations n'était plus tenable face à la pression internationale", a indiqué lundi à l'AFP un banquier luxembourgeois sous le couvert de l'anonymat.
La plupart des établissements financiers au Grand-Duché ont anticipé en se montrant moins strict sur le secret bancaire. Plusieurs banques de la place ont adressé des courriers à leurs clients étrangers pour leur demander de se mettre en règle avec le fisc de leur pays de résidence. Certains établissement ont demandé qu'ils le fassent "sans délai", d'autres leur ont laissé six mois pour se mettre en conformité, selon un banquier.
