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MA SEP

 
La maladie   

1. Qu'est-ce que la SEP ?
 

La maladie appelée Sclérose en Plaques est mal connue par le public. Voici quelques éclaircissements.  
28/02/2011

 

Des questions? Cliquez ici pour consulter les réponses aux questions les plus fréquentes ou pour connaître le numéro de la permanence téléphonique médicale, où des médecins bénévoles pourront directement répondre à vos interrogations.


La SEP est une maladie du système nerveux central (SNC), qui comprend le cerveau, les nerfs optiques et la moelle épinière.

Le SNC est composé de cellules (neurones) qui véhiculent l'influx nerveux. Celles-ci comportent un prolongement, l'axone, qui est entouré d'une gaine protectrice, la myéline.

 

 

La myéline permet de transmettre très rapidement l'influx nerveux du cerveau au reste du corps.

Dans la SEP, la myéline est la cible du processus pathologique. Ce dernier se traduit par une réaction inflammatoire (entrée dans le cerveau d'éléments de défense de l'organisme), qui attaque la myéline (démyélinisation), entraînant des difficultés de conduction de l'influx nerveux.

Lorsque cet influx est interrompu, l'information élaborée par le cerveau n'est plus transmise aux différentes parties du corps, ce qui explique les signes de la maladie.

Parallèlement à l'attaque de la myéline, une souffrance précoce de l'axone apparaît. Le plus souvent, l'inflammation disparaît et des mécanismes de réparation (la remyélinisation) permettent la restauration, plus ou moins complète, de la conduction nerveuse et donc une régression partielle ou complète des symptômes.

Malheureusement, dans les formes évoluées de SEP ou lors d'attaque inflammatoires importantes, les mécanismes de remyélinisation sont insuffisants et des troubles irréversibles de la conduction nerveuse s'installent, entraînant des signes neurologiques persistants qui peuvent conduire jusqu'au handicap.

La SEP est considérée comme une maladie auto-immune, c'est à dire que le propre système de défense immunitaire de l'individu (qui normalement défend l'organisme contre les attaques bactériennes ou virales) ne reconnaît plus les molécules du 'soi' et se met à les attaquer. Ainsi dans la SEP, le système immunitaire attaque la myéline qui entoure les neurones du SNC de l'individu.

Bien que la maladie soit décrite depuis le XIXème siècle, l'origine de la SEP reste toujours inconnue. De nombreuses données scientifiques considèrent que la SEP est une maladie multifactorielle dans laquelle intervient à la fois une prédisposition génétique (propre à l'individu) et des facteurs environnementaux.

On appelle cette maladie SEP car elle entraîne un durcissement (sclérose) des tissus atteints dans plusieurs régions (Plaques) du SNC.

Explications par le Docteur Stankoff - Vidéos réalisées par l'APF.

Les actions d'aide à la recherche de la Fondation ARSEP

La Fondation ARSEP consacre annuellement environ 1 million d’euros au soutien de projets de recherche.

Les axes de recherche développés sont multiples :

  • GÉNÉTIQUE (recherche des terrains familiaux de prédisposition),
  • VIROLOGIE (étude du rôle des virus dans la maladie),
  • IMMUNOLOGIE (compréhension des mécanismes immunitaires impliqués),
  • RECHERCHE CLINIQUE (étude et développement de nouveaux traitements),
  • IMAGERIE (développement des systèmes d’analyse pour l’aide au diagnostic et au pronostic)
  • NEUROBIOLOGIE (étude des mécanismes biologiques).
     

L'état des connaissances sur la maladie

La Sclérose en Plaques garde encore des mystères plus de 100 ans après sa découverte par Jean Martin Charcot, neurologue à l’Hôpital de la Pitié Salpêtrière. Néanmoins, des avancées toute récentes modifient à la fois notre compréhension des mécanismes de la maladie et les perspectives thérapeutiques. Les avancées se font sur plusieurs plans.

Mieux comprendre le déclenchement de la maladie

L’étude de la réaction inflammatoire dans le sang et dans le système nerveux central des patients atteints de Sclérose en Plaques fait apparaître que les responsables des lésions de la myéline sont multiples : lymphocytes (cellules de l’immunité), anticorps, molécules sécrétées ou cytokines, concourent à créer les plaques (les lésions) de Sclérose en Plaques.

Le rôle de chacun de ces acteurs commence à être précisé. Notamment, il apparaît que certains lymphocytes ont un rôle agressif alors que d’autres au contraire ont un rôle régulateur limitant le processus inflammatoire. Le démembrement de ces différentes étapes du processus inflammatoire est d’une importance majeure car il permet d’ouvrir de nouvelles perspectives thérapeutiques innovantes.

Parallèlement à ces recherches en neuro-immunologie, les études anatomiques ont montré la grande diversité des lésions du système nerveux central qui sont déclenchées par cette réaction inflammatoire. En effet, ces lésions sont très différentes d’un individu à l’autre. Alors que certaines lésions ont un fort potentiel de réparation, d’autres au contraire laissent une atteinte chronique de myéline, sans remyélinisation. Cette hétérogénéité explique probablement en partie la grande variabilité de la sévérité de la maladie, et fait envisager des réponses thérapeutiques différentes. Il n’y a donc peut être pas une seule Sclérose en Plaques, mais en réalité différentes maladies qui sont regroupées sous le même terme de Sclérose en Plaques.

Mieux voir, pour mieux suivre l’évolution des lésions et pour évaluer l’efficacité des nouveaux traitements.

L’IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) a révolutionné les possibilités de diagnostic de la maladie, en montrant les lésions dans le cerveau et dans la moelle épinière, et en précisant leur caractère inflammatoire. A côté de l’IRM conventionnelle, de nombreuses méthodes d’imagerie plus sophistiquées se développent activement, permettant d’évaluer de façon beaucoup plus précise les anomalies du tissu nerveux (spectroscopie, imagerie de diffusion, tractographie..). Ces nouveaux outils IRM sont en outre d’une importance capitale pour l’évaluation de l’efficacité des nouveaux traitements.

Mieux maîtriser le processus inflammatoire.

Depuis plusieurs années, les différents traitements immunomodulateurs (interférons et Copaxone) ont montré une efficacité dans la phase rémittente de la maladie, en diminuant d’environ 30% la fréquence des poussées. Plus récemment, des études ont montré l’intérêt de traitements immunosuppresseurs, comme la mitoxantrone, dans certaines formes très agressives, très inflammatoires de Sclérose en Plaques.

Enfin, depuis quelques semaines, des résultats préliminaires d’un très large essai thérapeutique multicentrique de phase III ont été communiqués. L’étude a évalué l’efficacité d’un anticorps monoclonal, le natalizumab, dans les formes rémittentes de la maladie. Cet anticorps empêche le lymphocyte actif d’entrer dans le système nerveux central. Les résultats à 1 an sont très prometteurs et montrent une diminution franche de la fréquence des poussées. Ils doivent bien sûr être confirmés à 2 ans. Si tel était le cas, il s’agirait alors d’une nouvelle possibilité thérapeutique très intéressante dans la Sclérose en Plaques.

Il est en outre important de savoir que plus de 30 essais thérapeutiques multicentriques internationaux sont en cours, testant des molécules dont les mécanismes d’action sont différents.

Favoriser la réparation des lésions.

A côté des traitements à visée anti-inflammatoire dont le but est de limiter l’agression à l’origine des lésions, des stratégies expérimentales visant à favoriser la réparation des lésions du tissu cérébral se développent, qu’il s’agisse de stratégies de protection axonale et/ou de remyélinisation. Le dynamisme de ces recherches fondamentales, et la réalité d’une recherche translationnelle sont des atouts majeurs et représentent un réel espoir pour les patients.

Pr Catherine LUBETZKI (déc 2004)
Fédération de Neurologie – GH Salpêtrière
Présidente du Comité Scientifique de la Fondation ARSEP

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