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Modifié le 24-01-2013 à 12h09 lien
Temps de lecture : 4 minutesÉdité et parrainé parHélène Decommer

Opération Serval : des militaires français et maliens à Niono, le 19/01/13 (EMA/ECPAD/SIPA)
1- Définition exacte du terme "forces spéciales"
Les forces spéciales sont des unités spécifiquement identifiées, équipées et entraînées pour réaliser des actions à "haute valeur ajoutée". Au sein du ministère de la Défense, les entités qui reçoivent cette dénomination sont peu nombreuses et proviennent des trois armées, afin de répondre à toute sollicitation et d'offrir un outil capable d’opérer dans tous les types de milieux. Les commandos marine ou encore le 13ème régiment de dragons parachutistes (spécialisé dans le renseignement) font partie de ces unités.
Elles sont toutes rassemblées au sein du COS, commandement des opérations spéciales, qui a été créé en 1992 pour répondre au besoin de coordonner l’action de ces unités particulières qui offrent des savoir-faire uniques, tels que la capacité à reprendre de vive force un bâtiment en mer, à mener une action offensive ou de renseignement en territoire hostile ou à arrêter des criminels de guerre comme cela a été réalisé en ex-Yougoslavie dans les années 1990.
Les actions réalisées sont la plupart du temps confidentielles, mais elles ne sont jamais clandestines.
D’autres unités, comme les services spéciaux de la DGSE qui sont intervenus en Somalie pour tenter de libérer Denis Allex ou encore le GIGN de la gendarmerie ou le RAID de la police (ces deux dernières entités appartenant au ministère de l’Intérieur), n’apparaissent pas stricto sensu dans la liste des unités de forces spéciales telles que le ministère de la Défense les définit, mais sont néanmoins souvent appelées ainsi, par abus de langage, du fait de la spécificité de leurs actions.
2- Comment s’opère le recrutement
La sélection est la pierre angulaire de ces unités, dont une des qualités est de pouvoir agir à effectif réduit. Même si les tests peuvent être différents d’une armée à l’autre, les mêmes qualités sont recherchées : sang-froid, courage, humilité, force mentale, motivation, endurance, et capacité à prendre des initiatives en toutes situations.
Chaque individu est donc éprouvé individuellement, mais aussi au sein d’un groupe composé de ses pairs dans le but de vérifier qu’il sera capable, plus tard, d’assumer seul des responsabilités essentielles et contribuer à l’action du groupe dont il fait partie.
Les officiers, quant à eux, doivent de surcroît faire preuve de créativité et d’un souci du détail scrupuleux dans la planification et la conduite des opérations. Cette rigueur toute particulière permet de réduire autant que possible les incertitudes et d'anticiper les cas non conformes qui peuvent avoir des conséquences importantes sur la réalisation de la mission (changement de météorologie, panne sur un vecteur de mise en place, blessés…). Une opération spéciale est en effet planifiée très précisément du début à la fin.
Une autre qualité majeure est la créativité, car c’est bien là le cœur de ces opérations particulières qui n’ont qu’un but "faire autrement" qu’avec les autres forces. C’est d’ailleurs la devise du COS.
3- Les types de missions qui leur sont confiées
Véritable atout maître des armées, les forces spéciales sont des unités qui peuvent faire basculer l’issue d’un conflit ou résoudre une situation particulièrement complexe (prise d’otages, renseignement prioritaire derrière les lignes ennemies, évacuation de ressortissants, point dur sur le terrain…).
Elles n’ont cependant pas vocation à remplacer les forces dites conventionnelles, dont le volume et les matériels apportent d’autres bénéfices et dont les moyens s’avèrent indispensables à la réalisation de ce type de mission.
Les interventions françaises récentes illustrent parfaitement cette complémentarité. En Afghanistan, par exemple, les forces spéciales ont été utilisées pour rechercher les poseurs d’engins explosifs et les empêcher de piéger les routes sur lesquels passaient les convois français, ou encore former les forces d’intervention rapide de l’armée afghane qui travaillaient en coopération avec les forces françaises.
Peu nombreuses, ces unités d’élite ne sont donc pas engagées à la légère. De fait, il y a deux raisons majeures qui justifient leur déploiement : soit ce sont les seules forces possédant les savoir-faire nécessaires à l’accomplissement de la mission dans le cadre politico-militaire qui est fixé, soit la mission est d’un intérêt hautement prioritaire justifiant de déployer les unités les plus aguerries dont l’expérience garantit une réaction maîtrisée et adaptée à tous les types de situations.
Les forces spéciales sont en effet des éléments dont la souplesse et l’adaptabilité permettent un emploi rapide et ajusté aux événements. Les tailles des détachements et les façons d’opérer peuvent de facto être aussi diversifiées que les situations dans lesquelles elles doivent agir.
4- Les principales difficultés rencontrées
Les forces spéciales agissent dans les situations les plus difficiles, où les contraintes sont les plus nombreuses et les plus fortes, et les risques les plus élevés. Ces conditions imposent d’avoir toujours un coup d’avance sur l’adversaire pour le surprendre, acquérir et conserver l’initiative, afin de créer des conditions inattendues qui sont favorables à nos forces.
Malheureusement, quel que soit le niveau de détail atteint lors de la préparation, la guerre demeure ce que Clausewitz, stratège militaire prussien du début du XIXe siècle, appelait "le royaume de l’incertitude". Cette incertitude est un paramètre inhérent aux opérations militaires et constitue une difficulté majeure, qui s’ajoute aux autres paramètres de la mission (adversaire mouvant et agressif, discrétion difficile à préserver jusqu’au dernier moment, renseignement limité…). De surcroît, et c’est logique, celle-ci croît fortement pour ces détachements déployés très loin de leurs bases, dans un pays corrompu et défaillant depuis de nombreuses années.
Par l’amélioration constante de l’entraînement, de l’équipement, et de l’acquisition du renseignement, les forces spéciales tentent de lutter quotidiennement pour minimiser cette incertitude.