Les opposants au mariage homosexuel ont commencé à défiler dimanche vers 14 heures à Paris, pour une manifestation nationale sous haute tension. Quatre cortèges au total - trois de la Manif pour tous et un de Civitas - vont sillonner la capitale jusqu'en fin d'après-midi, sous la surveillance de 4 500 policiers et gendarmes mobilisés pour éviter les débordements.
La police s'attend à environ 200 000 manifestants et chiffre à quelques centaines les "ultras" qui pourraient vouloir en découdre. Samedi soir, une cinquantaine de militants anti-mariage homo ont été interpellés lors d'une manifestation surprise en plein milieu des Champs-Élysées.
Depuis plusieurs jours, la figure de proue de la contestation elle-même, Frigide Barjot, visiblement dépassée par sa droite, s'est déclarée menacée et privée de liberté de parole. Elle a longuement hésité à venir manifester, avant d'annoncer finalement sa présence dans le cortège de dimanche.
Présence des ténors de la droite
Porte Dauphine, dans l'ouest, les opposants agitaient des drapeaux de la Manif pour tous, bleu, blanc et rose, et brandissaient des pancartes disant "Ce n'est pas fini, à peine on commence !" ou encore : "Dernière fête des mères avant liquidation".
Assailli par les journalistes dès son arrivée, le président de l'UMP, Jean-François Copé, a assuré que le "prochain rendez-vous" serait "dans les urnes, pour les élections municipales de 2014".
D'autres ténors du parti (Henri Guaino, Laurent Wauquiez, Hervé Mariton, Brice Hortefeux) étaient présents. "Après cette manifestation, le combat politique continue, on verra combien il y aura de personnes et si François Hollande sera définitivement sourd", a lancé Henri Guaino.
Également sur place, le député FN Gilbert Collard a rappelé que Marine Le Pen, absente de tous les cortèges, promettait d'abroger la loi. Après s'être glissé quelques instants derrière la banderole des élus, en majorité UMP, il est finalement revenu au point de ralliement du FN.
Propos alarmistes
Le ministre de l'Intérieur a répété samedi son "inquiétude" face aux risques de débordements, déconseillant carrément "aux familles avec des enfants" de manifester. Des mises en garde accueillies par les responsables de la Manif pour tous comme "des propos alarmistes" destinés à "intimider" et à "démobiliser".
Les opposants les plus radicaux sont désormais regroupés sous l'appellation Printemps français, nébuleuse que Manuel Valls a menacé de dissoudre en raison de ses excès et de sa "phraséologie factieuse".
Avant même ce grand rassemblement, 56 militants anti-mariage homosexuel ont été placés en garde à vue dans la nuit de samedi à dimanche après une manifestation surprise en plein milieu des Champs-Élysées.
Les trois cortèges de la Manif pour tous doivent converger vers l'esplanade des Invalides, où leur dispersion est prévue en fin d'après-midi. Les "Veilleurs", qui prônent une "résistance pacifique", ont d'ores et déjà appelé à prolonger la soirée sur place.
Les soutanes défilent aussi
Le cortège de Civitas, distinct des trois défilés organisés au même moment par la Manif pour tous, est parti de la place du Général-Catroux, dans le 17e arrondissement, en direction de l'Opéra.
"Balayons les ennemis de la famille ! Balayons les ennemis du mariage !" lit-on sur la banderole de tête. On peut voir aussi un drapeau français frappé du Sacré-Coeur et du slogan "Espoir et salut de la France". "Non à la culture de mort. Avortement. Euthanasie. Mariage homosexuel. Trafic d'enfants", proclame une pancarte.
"Cette loi, fût-elle promulguée, n'en reste pas moins pour nous illégitime parce qu'elle est contraire à la loi naturelle", a estimé le président de Civitas, en appelant "les maires et les élus municipaux à désobéir à cette loi".
Le soutien polonais
Des dizaines de milliers de Polonais et plusieurs dizaines de Français, opposants au mariage homosexuel, ont défilé ensemble dimanche à Varsovie pour défendre la famille traditionnelle composée d'un homme et d'une femme.
"Nous sommes solidaires des Français aujourd'hui dans leur lutte pour les valeurs traditionnelles de la famille", a déclaré l'un des organisateurs de la marche, Jacek Sapa. "Paris et Varsovie, restons ensemble", a-t-il lancé devant plusieurs dizaines de milliers de manifestants, réunis dans le centre historique de Varsovie. "Français, ne baissez pas les bras, nous sommes avec vous", a-t-il ajouté.

