
La Manif pour tous manifestant à Paris le 2 février 2014 (FABIEN PINTER/SIPA/SIPA).
Les partisans de la famille traditionnelle manifestent à nouveau ce dimanche. En décidant de diviser par trois la prime de naissance et de réformer la durée du congé parental, le gouvernement a donné à la Manif pour tous une belle occasion de grossir ses troupes, alors qu’un an après, une large majorité est favorable à la loi et que la plupart des postulants à l’UMP n'envisagent pas de l'abroger.
Un problème d'égalité salariale
Si ceux-ci réunissent beaucoup de monde, la gauche n'aura qu’à s’en prendre à elle-même. On voudrait donner raison au slogan "la gauche contre les familles" qu’on ne s’y prendrait pas autrement. L’objectif proclamé du gouvernement pour le congé parental est de renouer avec l’égalité homme-femme, mais, comme souvent, une bonne intention se transforme en mauvaise mesure.
Actuellement, les mères peuvent prendre jusqu’à trois ans de congé parental. Une famille sur quatre en profite. Ce chiffre va sans doute s'effondrer car le gouvernement oublie juste une chose : si les pères prennent moins de congé parental c’est parce que, le plus souvent, l’homme gagne plus que la femme : il est donc moins pénalisant financièrement que ce soit la femme qui s’arrête de travailler.
Quant aux arguments en faveur de la réduction de la prime de naissance pour le deuxième enfant, au prétexte que les parents se sont déjà équipés à la naissance du premier, les bras nous en tombent, car cette aide est vitale pour les familles modestes. Si l’on veut une mesure équitable, pourquoi ces prestations ne seraient-elles pas placées sous conditions de ressources : plus pour les plus défavorisés, moins pour les nantis ?
Une position intenable sur la GPA
Valls sait bien que ces mesures mécontentent tout le monde : le chef du gouvernement a même déclaré que la légalisation des mères porteuses était exclue en France, la "gestation pour autrui" étant à ses yeux "une pratique intolérable de commercialisation des êtres humains".
Le problème reste pourtant posé, depuis l’arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme qui exige de la France qu'elle reconnaisse les enfants nés d'une mère porteuse à l'étranger, arrêt que le gouvernement n’avait pas contesté jusqu'ici mais que Valls a aussi remis en cause avant-hier.
Propos et actes contradictoires, coupes sombres dans les aides aux familles... Mais où est passé la gauche qui proclamait en 2012, "le changement c'est maintenant !" ? On se le demande, en regardant cette politique familiale à courte vue, qui réussit la prouesse de décevoir le peuple de gauche tout en faisant descendre dans la rue le peuple de droite.
