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Manuel Valls, le 3 juin à Bastia PASCAL POCHARD CASABIANCA / AFP
</aside>Crime organisé, mafia... Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls n’y est pas allé par quatre chemins mardi, à l’occasion de son troisième déplacement dans l’Ile de Beauté.
«Etre maire en Corse, c'est plus difficile qu'ailleurs. Si je disais publiquement ce que les maires corses subissent... Ils subissent des pressions mafieuses», a déclaré le ministre aux journalistes. «Je leur ai garanti la protection de l'Etat. Quinze personnalités sont d'ailleurs protégées dans l'île», a révélé Manuel Valls qui a rencontré lundi soir des élus de l'île.
«Il faut parler de mafia» en Corse «car il y a une emprise sur l'activité économique. Ne pas en parler, c'est ajouter au malheur de l'île. Il faut nommer les choses. La tolérance zéro est au cœur de la démarche que nous menons. Personne ne doit se sentir à l'abri», a-t-il martelé.
Depuis le début de l'année, onze homicides ont été commis sur l’île de 310.000 habitants. En 2012, 19 homicides avaient été comptabilisés. Le ministre de l’Intérieur a de nouveau fait référence à l’omerta qui règnerait en Corse: «Le combat sera long. C'est d'abord celui de l'Etat, c'est aussi celui des élus. Cela doit être le combat de la population qui est la première victime des violences. Que chacun refuse par principe cette violence! Je les appelle à ne pas céder à la résignation», a expliqué Manuel Valls.
«Je demande du temps», a poursuivi le ministre. S'il y a eu des «avancées sur les enquêtes en cours», «c'est plus difficile d'enquêter en Corse qu'ailleurs», a-t-il dit. «Il faut des preuves. Quand les commanditaires et les tueurs seront pris, la confiance reviendra. C'est pour ça que je dis aux Corses: parlez!».
Lors de l’assassinat de Jean-Luc Chiappini, président du Parc naturel régional de la Corse, en avril dernier, Manuel Valls avait évoqué une «violence culturellement enracinée» sur l'île. Des propos qui avaient mis le feu aux poudres, certains élus lui réclamant même des excuses.