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Manuel Valls plaide pour la réforme et met en garde contre la déflation

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    Manuel Valls plaide pour la réforme et met en garde contre la déflation
    LES ECHOS | <time datetime="2014-08-01T13:54:49+02:00">LE 01/08 À 13:54, MIS À JOUR À 18:33  </time>lien 


    Manuel Valls vendredi l’Elysée

     

     

    Manuel Valls vendredi à l’Elysée - Capture d’écran

     

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Manuel Valls a jugé vendredi à l’issue d’un séminaire gouvernemental que « les politiques économiques en zone euro n’étaient pas efficaces ». La rentrée s'annonce difficile sur le plan économique, a-t-il prévenu.

François Hollande a appelé vendredi le gouvernement réuni à l’Elysée, pour préparer la rentrée, à « rester mobilisé » pendant la pause estivale pour répondre à « l’impatience » des Français demandeurs de « résultats rapides et concrets » sur l’emploi et « l’amélioration de leur vie quotidienne », a-t-on appris auprès d’un participant.

« Les vacances qui s’annoncent sont une pause mais pas un arrêt », a souligné le chef de l’Etat, ouvrant cette réunion, ultime rendez-vous du gouvernement avant ses vacances. « La société française s’inquiète, s’impatiente, veut des résultats rapides », a dit M. Hollande, et l’exécutif doit ainsi « rester mobilisé pour préparer cette rentrée ». Le gouvernement, a encore déclaré le chef de l’Etat, doit « faire preuve de cohésion sur la ligne qui a été fixée », a rapporté la même source.

« Il faut avoir des résultats concrets, rapides, et être concentrés autour de l’essentiel: l’emploi, les solidarités et l’amélioration de la vie quotidienne », a encore insisté le chef de l’Etat, avant que le Premier ministre ne détaille les priorités opérationnelles de la rentrée.

Politiques économiques pas efficaces

Manuel Valls, s’exprimant depuis l’Elysée, avait auparavant jugé vendredi que « les politiques économiques en zone euro n’étaient pas efficaces » face à une croissance et une inflation plus basses que prévu.

Tout en constatant une « certaine prise de conscience quant aux attentes des peuples en matière de croissance et d’emploi » mais qui « se traduit malheureusement par une terrible lenteur dans les faits », le chef du gouvernement a déploré en particulier « l’absence de politique de change » ou encore une BCE « impuissante » face à la faible inflation.

"Le volontarisme ne nous quittera pas, et cela plus encore pour les semaines et les mois à venir car la rentrée va être difficile en matière de conjoncture économique", a ajouté Manuel Valls pour qui "le risque de déflation est réel". La France a besoin de toutes les marges de manoeuvre au niveau européen pour qu'il y ait plus de croissance, a-t-il estimé. Michel Sapin, le ministre des Finances, fera un point à la mi-août sur la situation économique. "Il ne faut rien cacher", souligne Manuel Valls.

 
La menace déflationniste fait peur

Le danger d’une déflation en zone euro et en France, qualifié vendredi de « réel » par le Premier ministre Manuel Valls, fait craindre le pire pour la croissance économique, mais aussi les finances publiques. 
En annonçant jeudi que l’inflation, donc la hausse des prix mesurée sur une période de douze mois, avait atteint en juillet 0,4%, son plus faible rythme depuis quatre ans et demi dans la zone euro, l’institut européen de statistiques Eurostat a ravivé le spectre d’une « déflation », c’est-à-dire d’une baisse généralisée et durable des prix. 
Ce phénomène, souvent associé au Japon qui la combat depuis 20 ans, est très handicapant pour l’économie puisqu’il paralyse les consommateurs. En effet, ces derniers, face à des prix en baisse continuelle, reportent sans cesse leurs achats pour payer toujours moins cher. 
Pour s’adapter, les entreprises produisent moins et baissent encore plus leurs prix, puis réduisent les salaires ou licencient. Ce qui pèse alors encore plus sur la consommation et les investissements. 
Le phénomène est particulièrement difficile à endiguer puisque face à des baisses de prix, les banques centrales sont démunies.
En effet, elles ne peuvent pas baisser indéfiniment leurs taux pour tenter de relancer l’activité, au risque de tomber en territoire négatif. Surtout si, comme la Banque centrale européenne, elles pratiquent déjà un taux directeur très bas (0,15% en zone euro). 
Au-delà de l’effet sur la croissance, une déflation comme une inflation anémique compliquent très nettement la politique budgétaire.
Par exemple, une inflation plus basse que prévu, ou une baisse des prix, rogne les recettes de TVA. Et dans le même temps, si les prix baissent, la valeur réelle de la dette publique s’apprécie. 
Là où l’inflation, qui diminue la valeur de l’argent, profite aux endettés, la déflation les handicape. Or en zone euro, à part l’Allemagne, peu de pays affichent des finances publiques florissantes. 
L’effet d’une déflation, un phénomène qualifié « d’ogre » par la patronne du FMI Christine Lagarde, serait particulièrement prononcé pour des pays qui, comme la France, affichent un haut niveau de dépense publique. 
Pour réagir à l’appréciation de la dette, les gouvernements sont en effet tentés de réagir soit en bradant des actifs publics pour se renflouer, soit en allant plus loin dans la rigueur, ce qui pèse encore plus sur les prix et les salaires, dans un véritable cercle vicieux. 

Le Premier ministre a donné sa feuille de route pour la rentrée  : "nous devons réformer, inlassablement" et "lutter contre tous les blocages qui freinent notre pays". Un calendrier précis des réformes sera présenté le 20 août prochain.

Le Premier ministre évoque également une "crise de confiance", "la parole politique est devenue une langue morte". Face à cela, il faut "répondre aux attentes des Français", c'est à dire les questions de "chômage, pouvoir d'achat, l'école, la sécurité".

Défendant le bilan de son gouvernement, Manuel Valls a déclaré qu'il souhaitait "faire la démonstration au niveau européen que la France s'est engagée dans un mouvement de réformes inédit". Le Premier ministre a notamment cité le plan de 50 milliards d'euros d'économies dont la mise en œuvre est "la condition de la crédibilité" du gouvernement et la réforme territoriale, "du jamais vu" selon lui.


En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/politique-societe/politique/0203680124732-le-risque-de-deflation-en-zone-euro-est-reel-declare-manuel-valls-1029686.php?google_editors_picks=true&FYloJSCMsEvIeCwF.99

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