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Mario Monti, un candidat consensuel à la succession de Silvio Berlusconi

Dernière modification : 11/11/2011 
- Crise économique - Italie - Politique italienne - Silvio Berlusconi

Mario Monti, un candidat consensuel à la succession de Silvio Berlusconi
 

Alors que Silvio Berlusconi promet de démissionner quand les réformes économiques demandées par l'Union européenne seront adoptées par le Parlement, les paris sont ouverts sur l'identité de son successeur. Mario Monti fait figure de favori.

Par Jonathan WALSH (vidéo)
Charlotte OBERTI (texte)
 

En pleine crise économique, l’heure du changement politique a sonné en Italie. Et l’économiste Mario Monti pourrait bien en être l’emblème. Mercredi 9 novembre, le président de la République, Giorgio Napolitano, a envoyé un signal fort en nommant sénateur à vie l'ancien commissaire européen pour ses "très grands mérites dans le domaine social et scientifique". Cette annonce a été largement interprétée comme les prémices d’une nomination de Mario Monti au poste de chef du Conseil.

Alors que Silvio Berlusconi, sur la sellette, a accepté de démissionner dès que les réformes économiques réclamées par l’Union européenne auront été adoptées par le Parlement, Mario Monti pourrait être mandaté dès ce week-end en vue de former un gouvernement d'union nationale.

L’homme de la situation ?

Des compétences, ce professeur d’économie formé à Yale ne semble pas en manquer. Selon Massimo Nava, éditorialiste pour le journal "Corriere della sera", Mario Monti, largement considéré en Italie comme un homme rigoureux, est un candidat honnête et sans ombres. Jouissant d’une stature internationale, et plus particulièrement européenne, acquise grâce à dix ans de bons et loyaux services en tant que commissaire européen au Marché intérieur et aux Services financiers puis à la Concurrence (1994-2004), Mario Monti, qui a la réputation d'avoir une main de fer, incarne la politique européenne de libéralisation économique.

Actuellement président de la prestigieuse faculté d’économie Bocconi à Milan, il est également président honoraire de Bruegel, un think tank économique européen fondé en 2005. Grand réformiste, Mario Monti s’est, au cours de ces derniers mois, placé en opposition avec les orientations choisies par Berlusconi. Ses chevaux de bataille sont multiples : il plaide notamment pour une concurrence loyale et lutte contre l’évasion fiscale et les monopoles. Tenace, l’économiste italien n’a pas hésité à se frotter à Microsoft en 2004 pour abus de position dominante, au terme de six ans de procédure. Quelque 497 millions d’euros d’amende avaient alors été infligés au géant américain.

Le gouvernement dont il pourrait prendre la tête aura de nombreux défis à relever. Des réformes structurelles, exigées par l'Union européenne et le FMI et jusque-là renvoyées sine die, doivent être mises en place : réforme du système des retraites, réforme des dépenses publiques, lutte contre la corruption, le monopole ou encore les lobbys. Condition indispensable à ces réformes : que le futur président du Conseil soit nommé et soutenu par un large panorama politique.

 

Un consensus nécessaire

Point fort, Mario Monti, 68 ans, est ce que l’on peut appeler un candidat "au-dessus des partis", capable de s’attirer le soutien d’un grand nombre de courants politiques. Soutenu par le Parti démocrate (centre-gauche), il a fait partie de la Commission Prodi à Bruxelles après avoir été sollicité par Berlusconi. Suite à sa nomination par le président de la République au poste de sénateur à vie mercredi 9 novembre, Silvio Berlusconi s’est même fendu d’un message pour féliciter et exprimer son soutien à celui qui pourrait lui succéder. De nombreux autres responsables politiques, de droite, de gauche, mais aussi des centristes ont exprimé leur satisfaction.

Le consensus que serait susceptible de susciter Mario Monti est un atout non négligeable pour une Italie en proie à la crise de la dette, qui a grandement besoin de dépasser les clivages politiques gauche-droite, selon Massimo Nava. Avec une dette qui dépasse 1 900 milliards d'euros, la dette italienne est la quatrième plus importante au monde en volume.

Seul bémol parmi cette avalanche de louanges, la Ligue du Nord, allié de Silvio Berlusconi au sein de la coalition sortante, a fait savoir jeudi 10 novembre qu’elle ne soutiendrait pas un gouvernement Monti et basculerait dans l’opposition si sa nomination était confirmée par le président de la République.

Mais les détracteurs de Mario Monti sont peu nombreux. L'homme se pose comme un personnage assez consensuel à qui il est difficile de trouver des défauts. Son côté intraitable ? Utile en temps de crise. Son manque d’expérience dans le domaine de la politique italienne ? Il est vrai que sa carrière internationale l’a éloigné des manœuvres politiques internes. Mais cette position quelque peu excentrée pourrait se révéler bénéfique, et trancher avec l’ère Berlusconi marquée par les frasques et un marasme politique.

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