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Publié le 07.05.2012, 12h36 | Mise à jour : 18h30

L'Allemagne a posé lundi ses conditions au président élu français François Hollande, en excluant toute renégociation du pacte budgétaire européen et toute initiative de «croissance par les déficits». «Il n'est pas possible de renégocier le pacte budgétaire», qui a déjà été «signé par 25 des 27 Etats membres de l'Union européenne» et qui a pour but de renforcer la discipline dans la gestion des finances publiques, a dit le porte-parole de la chancelière Angela Merkel, Steffen Seibert, lors d'une conférence de presse régulière.
Il était interrogé sur la volonté de M. Hollande d'adjoindre à ce pacte un volet sur la croissance. A ce sujet, M. Seibert a également réaffirmé les conditions de Berlin : l'Allemagne ne veut pas «d'une croissance par des déficits, mais de croissance par des réformes structurelles». En clair, il n'est pas question pour le gouvernement Merkel d'encourager en Europe des politiques de relance, mais de promouvoir la voie choisie par l'Allemagne et les réformes du marché du travail mises en place par l'ancien chancelier Gerhard Schröder.
Le président élu français avait marqué dès son allocution de victoire sa volonté de «donner à la construction européenne une dimension de croissance, d'emploi, de prospérité, d'avenir» et d'expliquer à Berlin et ses autres partenaires que «l'austérité pouvait ne plus être une fatalité».
Merkel affaiblie par les derniers scrutins européens, selon les analystes
Ce rappel des positions allemandes intervient alors que les analystes décrivent la chancelière comme affaiblie après la défaite des gouvernements sortants en France et en Grèce. Des défaites qui mettent en évidence, selon eux, un échec pour Angela Merkel, dont la politique d'austérité est désavouée en Europe même si elle reste populaire en Allemagne.
Mme Merkel espérait une réélection du président français Nicolas Sarkozy, son principal allié, mais elle doit faire face à la victoire du socialiste François Hollande, qui veut remettre en question la domination des politiques néolibérales contre la crise. En Grèce, les deux principaux partis au pouvoir, qui soutenaient la politique d'austérité, ont subi une débâcle historique. «Les Allemands se retrouvent seuls avec leur pacte budgétaire», s'inquiétait lundi le quotidien conservateur Die Welt.
«C'est un tournant avant tout pour Angela Merkel», jugeait le quotidien des Affaires Financial Times Deutschland, pour qui «le souhait de François Hollande de compléter par un volet croissance le traité budgétaire européen attaque le pouvoir de la chancelière en Europe».
VIDEO. Le couple Merkel-Hollande «pourrait fonctionner»lien