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Mes colères

L'arrêt brutal de la croissance française menace-t-il notre région ?

 

L'arrêt brutal de la croissance française menace-t-il notre région ? INFOGRAPHIE IDÉ

L'avis de gros temps publié hier par l'INSEE sur la croissance française claque comme l'orage le plus redouté dans une météo boursière déjà épouvantable. Avec quel impact dans notre région à peine remise l'an passé des coups de grisou de la crise de 2008-2009 ?

L'annonce des mauvais résultats de l'activité en France tombe aussi mal que celle des pluies en pleines moissons. Fallait-il s'y attendre, l'INSEE a publié au saut du lit une croissance nulle à 0,0 % au deuxième trimestre après une croissance « vive » de + 0,9 % au premier.

La précédente chute de l'activité économique remonte à la récession de 2008-2009, lorsque la croissance s'était inscrite en négatif sur quatre trimestres consécutifs, plongeant jusqu'à - 1,5 %.

La Bourse de Paris, qui avait clôturé en hausse jeudi soir, a bien terminé la semaine hier. La France reste toujours attaquée par certains opérateurs boursiers qui spéculent sur le ralentissement de son économie.

Pronostics hasardeux

Face à l'extraordinaire incertitude sur l'évolution de la crise des dettes souveraines et ses conséquences, les pronostics sur la croissance française paraissent pour le moins hasardeux alors que la reprise dans la zone euro montre des signes inquiétants de faiblesse. Une seule certitude : l'acquis de croissance, autrement dit le taux de croissance annuel dans l'hypothèse d'un chiffre de nouveau nul sur les deux derniers trimestres de 2011, chute désormais à 1,4 %, selon l'INSEE, loin des 2 % espérés par le gouvernement.

Contrairement à ce qu'il laisse entendre, le retrait de la prime à la casse et le repli de la consommation des ménages n'expliquent pas cet arrêt brutal de la croissance. La consommation a certes fléchi de 0,7 % après une hausse de 0,4 % au premier trimestre mais elle n'est pas la seule à faire profil encore plus bas : l'investissement des entreprises a lui aussi décélère (+ 0,9 % après + 1,2 %).

Que va-t-il donc se passer alors que la Banque de France espérait une croissance à 0,2 % (on y est presque) et que la plupart des analystes redoutaient des chiffres plus mauvais que prévus ? Bonnes nouvelles, les prix à la consommation baissent enfin (- 0,4 %) après cinq mois de hausse et les créations d'emploi en France sont restées florissantes au deuxième trimestre en France avec 68 300 postes créés, du jamais vu depuis début 2007. Au total, l'économie française a créé 126 000 emplois en six mois contre 143 000 durant toute l'année 2010. Mais depuis hier, on se montre plus prudent sur les perspectives d'emploi de cette fin d'année, d'autant plus dans notre région qui n'a pas encore retrouvé son niveau d'avant crise en 2008.

L'industrie régionale a perdu 6 300 postes en 2010, score habituel d'année en année, sauf en 2009 avec le double de perdu.

En somme, l'an passé fut celui d'un certain retour à la normale aussi bien en terme d'emploi qu'en terme d'activité (lire en encadré). En emploi, le solde sur un an est positif en 2010 avec 6 300 postes gagnés grâce à l'intérim et malgré l'industrie. Sondés par la Banque de France, nos patrons envisageaient en février de stabiliser leurs effectifs voire de les faire légèrement progresser cette année. •

PAR YANNICK BOUCHER

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Reprise inachevée

C'est un dicton patronal, éprouvé par l'expérience. Il dit que lorsque la France va mal, la région du Nord va encore plus mal (c'est également valable dans l'autre sens, la région accentuant souvent les tendances
positives). Après un recul nettement marqué en juin, l'activité industrielle a faiblement progressé en juillet grâce aux transports. Indicateur très observé, parce que pertinent, le taux d'utilisation des capacités de production (outils, machines, lignes…) a fléchi pour le deuxième mois consécutif. L'érosion des carnets de commandes industrielles se poursuit, mais sans inquiéter outre mesure après une année 2010 de
rétablissement relatif.

L'an passé a été celui de la reprise inachevée après des baisses d'activité de 30 % en moyenne en 2009. Les services, comme l'industrie, sont en repli et il faudra au minimum cinq ans pour retrouver les 6 points de produit intérieur brut (PIB) perdus pendant la crise de 2008-2009 avait prédit l'INSEE dans notre région en mai. « Les résultats de l'activité furent bons jusqu'en mai avant le coup d'arrêt de juin et une croissance encore ralentie depuis », confessait hier, pour sa part, Jean-Yves Peltier, directeur régional adjoint de la Banque de France à Lille. On freine...

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