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Meurtre d'Alexandre : les suspects mis en examen pour assassinat et écroués

Le Point.fr - Publié le 29/03/2012 à 06:45 - Modifié le 30/03/2012 à 07:39

En garde à vue, ils ont reconnu qu'ils avaient décidé de tuer le lycéen, craignant qu'il ne les dénonce pour un cambriolage.

Anna Castaldo, la mère d'Alexandre, accompagnée du beau-père du jeune homme, répond aux questions des journalistes devant le tribunal de grande instance de Rouen, le 29 mars 2012.

Anna Castaldo, la mère d'Alexandre, accompagnée du beau-père du jeune homme, répond aux questions des journalistes devant le tribunal de grande instance de Rouen, le 29 mars 2012. © Charly Triballeau / AFP

Quatre jeunes Normands - deux fois deux frères de 15 et 17 ans - poursuivis pour avoir avoir exécuté froidement Alexandre, 17 ans, un camarade de leur âge, de deux balles dans la tête avant de brûler son corps dans une forêt près de Beauvoir-en-Lyons (Seine-Maritime) ont été mis en examen jeudi soir et incarcérés. Le juge d'instruction a suivi les réquisitions du parquet et a mis en examen les quatre mineurs pour assassinat tandis que le juge des libertés et de la détention a ordonné leur incarcération. Couverts par "l'excuse de minorité", les meurtriers présumés encourent 20 ans de détention.

"Il s'agit d'un assassinat, quelque chose qui a été prémédité..., nous avons des aveux et des éléments matériels", avait déclaré le procureur de la République à Rouen, Michel Senthille, lors d'un point de presse organisé jeudi après-midi pendant que les jeunes étaient auditionnés par un juge d'instruction. "Assassinat, c'est-à-dire homicide volontaire avec préméditation et guet-apens", a souligné le procureur en insistant sur le caractère "exceptionnel" de ce drame impliquant des mineurs. "Ils ne se rendent pas tout à fait compte de la gravité de la situation dans laquelle ils sont", a commenté le lieutenant-colonel Hugues Jeannin, qui commande la section de recherches de la gendarmerie de Rouen, chargée de l'enquête. Les quatre, jusque-là "connus localement" pour "de petites incivilités" et sans casier judiciaire, ont reconnu avoir attiré leur victime dans un "véritable guet-apens" dans la forêt de Lyons, a-t-il dit. En garde à vue, ils ont affirmé qu'ils voulaient se débarrasser d'Alexandre parce qu'ils craignaient d'être dénoncés pour un cambriolage commis début mars.

Lundi, selon les enquêteurs, les jeunes ont plusieurs fois appelé Alexandre sur son téléphone portable, l'un d'eux est venu le chercher en scooter pour le conduire près d'une route forestière où attendaient les trois autres. Sur place, ils l'auraient fait asseoir sur un rondin pour l'abattre de deux balles de pistolet de calibre 5,5 millimètres dans la nuque avant d'asperger son corps d'essence et de le brûler, a précisé Valérie Cadignan, procureur de la République à Dieppe. Des gardes forestiers ont découvert le corps qui se consumait encore dans la nuit de lundi à mardi.

Mesure d'assistance éducative

L'identification rapide de la victime, facilitée par la découverte sur place de son téléphone portable, a permis aux gendarmes d'orienter leurs recherches et d'interpeller les quatre garçons domiciliés dans le village voisin de la Feuillie ou ses environs. L'arme qui provenait du cambriolage de mars a été retrouvée dans une mare voisine sur leurs indications. Alexandre "a été exécuté comme on exécute un chien", a déploré Anna Castaldo, sa mère, jeudi après-midi en quittant le palais de justice de Rouen où l'a reçue le procureur. Une violente dispute avait déjà opposé son fils à un de ses agresseurs en juin dernier, et depuis, selon elle, c'était "chronique d'une mort annoncée". Du côté des enquêteurs, on relativise l'importance de cette dispute qui avait débouché sur un rappel à l'ordre, tant pour Alexandre que pour l'autre adolescent impliqué.

Les jeunes se connaissaient pour avoir fréquenté les mêmes établissements scolaires. Tous étaient connus des gendarmes comme "des jeunes qui ne comportent pas toujours comme des enfants sages", selon les gendarmes. Alexandre était suivi par un juge des enfants et par un éducateur, dans le cadre d'une mesure "d'assistance éducative" ordonnée pour "le protéger", a indiqué la procureur de Dieppe qui a évoqué notamment une "difficulté d'addiction". Il suivait une formation continue au lycée agricole du pays de Bray, à Brémontier-Merval, où une cellule de soutien psychologique a été mise en place, tout comme au collège de La Feuillie, que fréquentait un de ses agresseurs. "La Feuillie est un village tranquille. On n'arrive pas à comprendre. On tombe le cul par terre", a déclaré Pascal Legay, le maire.

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