Que pensez-vous des baisses de charge et du "pacte de responsabilité" proposé par le Président de la République lors de sa conférence de presse de rentrée ?
Comme je l’ai écrit dans mon blog, les chefs d’entreprises ne peuvent qu’être heureux de cette affirmation du rôle de l’entreprise, rôle reconnu comme jamais avant lui un chef d’Etat français ne l’a reconnu. Et le volet macroéconomique est aussi bienvenu. S’il arrive à le faire, c’est un beau projet. Cela fait plus de sens qu’une réforme fiscale. Nous jouerons le jeu. Avec de telles annonces, Hollande joue sur du velours. Qui osera dézinguer une telle politique? Le patronat ne peut qu’être content.
Quels seront les impacts pour vous ?
Cela nous conforte dans notre stratégie d’acheter plus cher des compétences, d’embaucher des salariés plus qualifiés, par exemple et pas seulement des gens à former. Nous avons ainsi en projet d’humaniser les drives, de mettre plus de personnel, de pérenniser des emplois CDD. Nous avions prévu d’embaucher 2.500 personnes cette année. Nous l’aurions fait de toute façon, mais cela conforte notre projet d’entreprise. Nos équipe l’on calculé, pour nous, les baisses de charges annoncées pourraient représenter de 0,30 à 0,35% du chiffre d’affaires hors taxe de nos magasins. Une opportunité pour investir dans l’emploi, dans le service.
Et dans les autres secteurs ?
Pour les industriels exportateurs, c’est un moyen de baisser les prix et d’améliorer la compétitivité. Pour les industriels français, l’agroalimentaire, par exemple, qui nous accuse de les empêcher d’augmenter leur prix, c’est un moyen de conforter leur marge par le bas. Côté service, cela va faciliter les arbitrages entre investissement technique et embauche, cela conforte l’emploi. Sur le plan macro-économique, François Hollande a tranché en faveur d’un modèle économique qui n’a pas d’impact négatif sur le pouvoir d’achat, c’est donc une très bonne chose. A l’échelle du pays, gratter 30 milliards d’euros d’économie, c’est faisable, il suffit de lire les rapports de la Cour des comptes. La droite ne l’a pas fait.

