Suivi quotidien, flash d'actualités touchant l'économie,culture,environnement, société, politique,poésie, l'international.
Le Point - Publié le 12/07/2012 à 00:00
Ivan Petrovitch Pavlov (1849-1936) est un physiologiste russe qui a mis en évidence les réflexes conditionnés en établissant que les chiens peuvent saliver aussi bien devant la nourriture qu'au stimulus sonore qui lui est associé.
Ses recherches pourraient s'appliquer à une partie de notre intelligentsia. Il y a des mots ou des thèmes qui provoquent toujours les mêmes réflexes chez nos intellectuels rongés par les communautarismes comme par des puces. Selon le sujet traité, vous serez accusé tout aussi bien, et sans discernement, d'antisémitisme, d'islamophobie, de fascisme, voire, ô horreur... d'ultralibéralisme.
Ce n'est pas la première fois que Michel Onfray est victime du réflexe de Pavlov: ayant pour habitude de ne pas emprunter les passages cloutés fixés par la police de la pensée, il est régulièrement verbalisé. Et voilà qu'il vient d'être accusé d'antisémitisme, lui le philosémite et sioniste avéré, après avoir dit du bien, dans ces colonnes, d'un livre iconoclaste de Jean Soler contre les monothéismes (1).
Dans un pathos qui rappelle celui du Saint-Office de l'Inquisition, des pétitionnaires anti-Onfray vont même jusqu'à qualifier son hédonisme, cher à Épicure ou à Nietzsche, de "complaisance démagogique pour la bassesse". Risible et pathétique.
Au Point, même quand nous sommes croyants, ce qui est mon cas, nous resterons toujours du côté de la liberté de pensée, qui, comme l'a dit un humoriste, a fait le tour du monde mais n'est jamais revenue.
1. Qui est Dieu?, de Jean Soler (éditions de Fallois).