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Migrants Lybiens : Naufrages au large de Lampedusa

Italie / Libye - 
Article publié le : samedi 06 août 2011 - Dernière modification le : samedi 06 août 2011

Naufrage au large de Lampedusa : les témoignages des rescapés publiés par la presse italienne
 

Cette femme fait parti des rescapés du naufrage d’un bateau en provenance de Libye au large des côtes italiennes.

Cette femme fait parti des rescapés du naufrage d’un bateau en provenance de Libye au large des côtes italiennes.

AFP PHOTO/MAURO SEMINARA
Par RFI

Les témoignages de plusieurs rescapés, publiés par la presse italienne, ce samedi 6 août 2011, confirment l’ampleur de la tragédie qui s’est déroulé aux larges des côtes méditerranéenne. Ces informations, publiées notamment dans le quotidien La Repubblica, permettent de mieux comprendre pourquoi une centaine de migrants venus de Libye seraient morts d’épuisement sur une embarcation de fortune, longue de vingt mètres, qui transportait près de 400 réfugiés à la dérive pendant six jours dans les eaux libyennes à la suite de la rupture du moteur. Les autorités italiennes, qui ont porté secours aux naufragés, affirment après avoir reçu un SOS d’un remorqueur chypriote et avoir demandé de l’aide à un navire de l’Otan qui pouvait rejoindre le bateau à la dérive en moins d’une heure. Mais le gouvernement dit avoir essuyé un refus. Une enquête au sein de l’Otan devrait élucider cette question.

Avec notre correspondante à Rome, Anne Le Nir

Une jeune femme de nationalité nigérienne, comme la majeure partie des rescapés, hébergée dans le centre d’accueil de Lampedusa, a réussi à sauver son bébé de deux mois avec le peu de lait maternel qu’elle parvenait à lui donner. Elle raconte avoir vu plusieurs gros navires.

Robert, 20 ans, le dit lui aussi : « Personne n’a prêté attention à nous si ce n’est un remorqueur chypriote ». Parmi la centaine de corps jetés à la mer, il y avait celui de son cousin. « Que pouvions-nous faire ?, s’écrit-il en faisant le signe de croix comme s’il voulait demander pardon. Depuis cinq jours, nous n’avions ni eau, ni aliments. Nous avons été repérés par des navires dotés de canons et de radars, mais ils ne se sont pas approchés alors qu’avec un peu d’eau et un peu de pain, des dizaines et des dizaines de personnes n’auraient pas eu comme lieu de sépulture le fond de la Méditerranée ».

De son côté, un militaire italien explique, sous couvert de l’anonymat, qu’il est impossible que des navires dotés de puissants radars n’aient rien vu : « On veut sauver la population en Libye en bombardant Tripoli, mais on laisse mourir en mer ceux qui fuient la guerre. C’est un insoutenable paradoxe », se désole-t-il.

La police financière et les gardes-côtes italiens ont secouru cette nuit deux nouvelles embarcations au large des îles Pélage avec à bord 311 migrants au total, pratiquement tous d’origine subsaharienne. Et on attend 123 migrants qui eux ont été interceptés dans le canal de Sicile. Ils doivent arriver ce samedi à Lampedusa.

1 500 migrants disparus en mer méditerranée depuis le début du conflit libyen

Difficile d’avoir un bilan juste et officiel du drame que se joue depuis plusieurs mois au large des côtes méditerranéennes mais pour le Haut commissariat au réfugiés des Nations unies (HCR) au moins 1 500 migrants partis de Libye ont disparus pendant la traversée en mer.

Depuis le début des combats mi-mars en Libye, l’afflux de réfugiés est continu sur les côtes italiennes. « Ces derniers mois, environs 24 000 réfugiés sont arrivés de Libye », estime Laura Boldrini, porte-parole du HCR.

Un afflux qui s’est particulièrement intensifié ces dernières semaines. Auparavant, les réfugiés « partaient sur de petits bateaux pneumatiques qui ne pouvaient transporter que quelques dizaines de personnes, explique Laura Boldrini. Maintenant, sur les côtes arrivent d’énormes embarcations délabrées conduites par des marins sans expérience où s’entassent parfois jusqu’à 800 personnes ».

Le HCR pour faire face à cette situation dramatique et éviter de nouvelles tragédies préconise « une amélioration de la collaboration entre les navires en Méditerranée ». L’organisation rappelle aussi la nécessité de secourir toutes les embarcations même en l’absence de « danger évident ».

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