Le gouvernement français "travaille à d'autres solutions et éventualités" qu'une éventuelle reprise des activités liées à l'énergie d'Alstom par le géant américain General Electric, a déclaré vendredi 25 avril au Monde le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg.
Le ministre a également affirmé que le gouvernement n'avait pas été informé de ce projet par Alstom mais qu'il a rencontré Patrick Kron, le PDG du groupe français jeudi 24 avril. Une rencontre entre le Premier ministre Manuel Valls, Arnaud Montebourg et le patron de General Electric est également prévue "prochainement", indique-t-il.
"Alstom est le symbole de notre puissance industrielle et de l'ingéniosité française. Dans ce dossier Alstom, le gouvernement exprime une préoccupation et une vigilance patriotiques", a déclaré Arnaud Montebourg.
"Cette haute vigilance se porte sur le risque sérieux de perte d'un centre de décision, sur le désir et la nécessité de renforcer notre base industrielle française en obtenant des relocalisations industrielles en France, et sur le nombre d'emplois perdus ou créés dans de telles opérations", ajoute-t-il.
"C'est pourquoi le gouvernement travaille à d'autres solutions et éventualités que celles imaginées seules et sans que le gouvernement n'en ait été informé par Alstom", affirme Arnaud Montebourg, sans plus de précision.
Tandis que l'agence de presse Bloomberg avait évoqué mercredi 23 avril au soir un projet d'offre de 13 milliards de dollars pour Alstom, Le Figaro a indiqué jeudi 24 avril que c'est la partie liée à l'énergie d'Alstom, qui représente plus de 70% du groupe, qui serait dans le viseur de GE, et pas les activités ferroviaires.
Selon Le Monde vendredi 25 avril, la partie énergie serait valorisée 10 milliards d'euros hors la trésorerie d'Alstom. Toujours selon le journal, "les discussions en vue d'un rapprochement pourraient s'accélérer ce week-end".
L'action Alstom était suspendue vendredi 25 avril au matin à la Bourse de Paris, à la demande de l'Autorité des marchés financiers (AMF), après l'envol du titre jeudi sous l'effet de rumeurs de rachat par GE.
L'action Alstom avait bondi jeudi 24 avril après les rumeurs de rachat diffusées dans la presse, pour prendre 10,93% à 27 euros à la clôture du marché parisien.
L'industriel français, qui produit des équipements pour centrales électriques, lignes à haute tension et du matériel ferroviaire dont l'emblématique TGV, a connu un redressement salué après avoir évité la faillite en 2003-2004. Mais le groupe (93.000 employés dont 18.000 en France) a renoué avec les difficultés depuis un peu plus d'un an, sous l'effet notamment d'un marché européen des infrastructures électriques atone.
<aside class="lire" style="margin: 1em 0px; padding: 0px; border: 1px solid rgb(179, 179, 179); list-style: none; position: relative; background-color: rgb(230, 230, 230); box-sizing: border-box;"><header style="margin: 0px; padding: 0.7em 1em; border: 0px; list-style: none; display: inline-block; background-color: rgb(0, 0, 0); font-size: 1em; font-family: raleway-medium, sans-serif; color: rgb(255, 255, 255); text-transform: uppercase; height: 2.5em; vertical-align: top; box-sizing: border-box;">LIRE</header>GE pourrait racheter la branche "énergie" d'Alstom</aside>Alstom a renvoyé à la publication, le 7 mai, de ses résultats annuels et d'"un point sur les perspectives de ses différentes activités".
(avec AFP)
