Hervé Morin s'est dit prêt samedi 1er septembre à "s'engager à fond" dans la création d'une fédération avec les autres formations de centre-droit et à s'atteler à la construction d'un "nouveau partenariat" avec l'UMP
Les revers électoraux et divisions internes ont laissé des traces au Nouveau Centre et son président, Hervé Morin, ne s'est pas payé de mots samedi en clôturant les 5e universités d'été de son parti, devant quelque 400 à 500 militants dans une manade près de Nîmes.
"Il faut regarder les choses en face. Avec nos divisions internes, avec le voyage en solitaire de François Bayrou, le Centre au sens large, sort affaibli" des élections, a-t-il constaté.
"Il y a le Parti radical, le NC, la Gauche Moderne, le MoDem, Force européenne démocrate, l'Alliance centriste et Alternative libérale, une structure pour chaque jour de la semaine", a-t-il ironisé.
A l'Assemblée nationale, après des législatives qui ont laissé le Centre exsangue, les différentes familles se sont réunies au sein d'un même groupe, l'UDI, présidé par Jean-Louis Borloo. 12 députés NC avaient alors rallié l'UDI.
Mais, pour autant, l'ex-ministre de la Défense veut encore croire à l'avenir de sa famille politique, à condition, dit-il, de ne pas "éluder d'importantes clarifications".
"Du coup, nous sommes un petit peu moins nombreux, mais en vérité nous sommes plus forts", a-t-il assuré.
Lors d'un débat sur l'avenir du Centre, des militants ont manifesté leur irritation devant les guerres intestines des centriste. "Débrouillez-vous, mais faites taire vos ego", a lancé l'un deux.
La plupart d'entre eux ont également souhaité que leur parti joue la carte de l'union, avec les autres formations centristes et leur partenaire naturel: l'UMP.
Parmi les personnalités invitées, le sénateur MoDem Jean-Marie Vanlerenberghe n'a pas dit autre chose en constatant l'échec de la main tendue à la gauche de François Bayrou.
"J'ai été content de l'entendre", a réagi Hervé Morin sans croire pour autant que François Bayrou partage cette même ligne.
Le président de la Gauche Moderne, Jean-Marie Bockel, s'est dit quant à lui prêt à dissoudre son parti dans une future fédération centriste: "cela n'a plus de sens pour nous de rester indépendants", a-t-il confié.
Pour Hervé Morin aussi, l'avenir se situe bien dans la construction d'une fédération des centres. Mais, "il ne s'agira pas d'une fusion ou d'une absorption", a-t-il prévenu se disant convaincu que ni son parti, ni le Parti radical n'étaient prêts à disparaître.
Le président du NC a également appelé à inventer "un nouveau partenariat, une co-animation de l'opposition" avec l'UMP.
Au plan personnel, il a confié à la presse ne pas réclamer le leadership de la future fédération, revendiquée par Jean-Louis Borloo.
L'ex-ministre n'a pas mis pour autant ses ambitions dans sa poche mais il est bien conscient de son manque actuel de notoriété. "On est dans une démocratie d'opinion et le chemin qui sera le mien sera de construire une relation avec l'opinion publique", a-t-il dit.
Pour ce faire, Hervé Morin reprendra dès octobre son bâton de pèlerin pour arpenter la France deux fois par semaine.
