Enquête de la police des polices
«Sans attendre les résultats de l'enquête», le ministre de l'Intérieur a ainsi décidé de suspendre l'utilisation de ces grenades offensives. Bernard Cazeneuve a également «décidé, compte tenu des éléments communiqués par le procureur de la République, et quand bien même l'enquête qui a été engagée ne témoignerait à la fin d'aucune faute, d'engager dès aujourd'hui une inspection générale (...) destinée à déterminer les conditions d'utilisation de ces projectiles dans le cadre des opérations de maintien de l'ordre». Les résultats de l'inspection, demandée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) et l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN), devraient être communiqués sous 15 jours à son ministère. Bernard Cazeneuve a toutefois pris soin de rappeler que «56 gendarmes et policiers ont été blessés» depuis un mois dans des affrontements avec des manifestants.
Des traces de TNT sur ses vêtements
«On a retrouvé des traces de TNT, sur certains scellés, provenant des effets vestimentaires de la victime», a expliqué devant la presse le procureur Claude Dérens, précisant que cet explosif «propulseur» était présent dans les grenades lacrymogènes ou offensives des militaires. Ces résultats «orientent donc l'enquête», a-t-il poursuivi avec la même prudence. Selon les premiers résultats de l'enquête et l'analyse des affaires du jeune homme de 21 ans, ces traces de TNT ont été prélevées sur son sac à dos. Dimanche, Rémi Fraisse a succombé à ses blessures au dos alors qu'il s'opposait à la construction du barrage. Sa famille a d'ores et déjà annoncé qu'elle allait porter plainte pour «homicide volontaire».
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Par ailleurs, selon le procureur Claude Derens, le projectile aurait effectivement été lancé depuis la zone où étaient retranchés les gendarmes tentant de déloger les manifestants. Mais, a-t-il précisé, l'enquête devra encore le déterminer. Le procureur d'Albi a également annoncé qu'il se déssaisissait du dossier au profit du parquet de Toulouse. C'est en effet du ressort du pôle criminel de Toulouse d'instruire des faits commis par des militaires de la gendarmerie, dans le Tarn.
Plus tôt dans la journée, le président François Hollande avait promis que que «toute la vérité» serait faite sur «les causes de sa mort». Le Premier ministre, Manuel Valls, avait lui haussé le ton face à la kyrielle de critiques sur l'intervention des forces de l'ordre : «Je n'accepterai pas les mises en cause, les accusations portées à l'égard du ministre de l'Intérieur qui a toute ma solidarité», a-t-il lancé dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Et d'insister : «Quant aux forces de l'ordre, elles font un travail extrêmement difficile, confrontées à une violence extrême. Avant même qu'une enquête ne soit menée, je n'accepterai pas la mise en cause des policiers et des gendarmes qui comptent de nombreux blessés dans leurs rangs», a fermement ajouté Manuel Valls.
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