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Les responsables du Front national se frottent les mains en ce soir de premier tour. Le parti des Le Pen a réalisé de bons scores là où il était attendu et pourrait bien réussir le pari de remporter les quelques villes annoncées à sa portée. Grosse satisfaction de la soirée, Steeve Briois, lieutenant de Marine Le Pen, a été élu au premier tour à Hénin-Beaumont avec 50,26 % des voix. À Béziers (Hérault), le très médiatique Robert Ménard, soutenu par le Rassemblement Bleu Marine, devrait recueillir près de 44 % des voix, largement devant le candidat de droite. À Perpignan (Pyrénées-Orientales), Louis Aliot (FN) obtiendrait 34,4 % des voix, contre 29,8 % pour Yves Pujol (UMP). À Avignon, le frontiste Philippe Lottiaux devance légèrement la candidate socialiste. À Forbach (Moselle), Florian Philippot, vice-président du Front national, est arrivé alors qu'une quadrangulaire est annoncée. David Rachline arrive largement en tête à Fréjus, dans le Var. À Carpentras, à Amiens, à Saint-Étienne ainsi que dans une centaine de villes de plus de 10 000 habitants, le parti devrait se maintenir au second tour. Seule fausse note, à Sorgue, la présence de Marion Maréchal-Le Pen n'aura pas suffi à empêcher le candidat UMP de l'emporter au premier tour. Autre immense surprise, à Marseille, le FN arriverait en deuxième position devant le Parti socialiste.
"C'est au-delà de nos espérances", réagit Nicolas Bay, porte-parole du Front national, qui rappelle que son parti à dépassé les scores de la présidentielle de 2012 "dans beaucoup d'endroits" et qu'il a de nombreuses perspectives de victoire. C'est "un cru exceptionnel", "la fin de la bipolarisation de la vie politique", clame Marine Le Pen, qui fait le tour des plateaux télé. Si l'enracinement du parti semble inéluctable dans l'Hexagone, les gros scores ont néanmoins eu lieu dans les endroits où le parti des Le Pen est traditionnellement fort : le sud-est de la France et les anciens bassins miniers et sidérurgiques (Forbach, Saint-Étienne ou Hénin-Beaumont). Le parti, qui aurait profité d'une abstention record d'environ 35 %, au-delà des 33,5 % de 2008, n'a donc pas réussi à s'exporter en dehors de ses places fortes. Le parti d'extrême droite, qui a eu du mal à quadriller la France avec ses 697 listes, a donc fait fort là où il a mis le paquet et est en passe de remporter des victoires symboliques. Il accapare une grande partie de l'attention médiatique, et éclipse notamment le recul de la gauche et la légère progression de la droite, toujours selon les premières estimations. Mais il est encore très loin de se hisser à la hauteur du PS et de l'UMP, comme ses responsables l'affirment. Prochaine étape, selon Nicolas Bay : "transformer l'essai dans les seconds tours et placer le plus de conseillers municipaux possible".