Le journaliste Clément Weill-Raynal, auteur des images du "Mur des cons" filmées au Syndicat de la magistrature (SM), a été mis à pied pour une durée de 7 jours par la direction de France Télévisions, a-t-il annoncé mardi 11 juin dans un courriel adressé à l'AFP. Sa mise à pied, sans traitement, "prend effet à partir de demain, mercredi 12 juin", précise-t-il, en dénonçant "une sanction injuste prise pour des motifs politiques".
Il est reproché à Clément Weill-Raynal d'avoir d'abord menti sur l'origine de ces images qu'il avait pourtant filmées. Après leur diffusion par le site atlantico.fr, il avait convaincu sa chaîne de les utiliser et de les commenter lui-même dans le journal télévisé, dissimulant, avant d'avouer, qu'il en était l'auteur. Dans un communiqué, France 3 a confirmé cette sanction et souligné que la décision de la direction de France Télévisions avait été basée "uniquement sur l'analyse du comportement de Clément Weill-Raynal vis-à-vis de son employeur".
Au siège du Syndicat de la magistrature, sur ce "Mur les cons" figuraient les photos de personnalités en tous genres qui ont tenu des propos considérés comme anti-SM. Cette initiative avait été revendiquée comme "potache" par différents magistrats. A la suite de cette affaire, une pétition de soutien au journaliste avait été lancée, rassemblant près de 10.000 signataires, dont celles de nombreuses personnalités de droite. Dans une lettre à Clément Weill-Raynal datée de lundi la direction de France Télévisions estime que le journaliste a "trompé" sa hiérarchie et lui a "menti", et qu'il a enfreint l'accord collectif des journalistes en vigueur à France Télévisions, exigeant que ces derniers "soient irréprochables en matière d'éthique".
Le journaliste considère de son côté que "cette décision a été prise dans un climat de haine à (son) égard". "En vertu de la loi sur la protection des sources des journalistes, je n'avais pas à informer ma direction que j'étais l'auteur des images", assure le journaliste qui "envisage de contester par les moyens légaux la sanction de mise à pied".
