La garde des Sceaux Christiane Taubira a annoncé jeudi 25 avril au Sénat avoir saisi le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) dans l'affaire du "mur des cons" du Syndicat de la magistrature (SM).
Le CSM, instance de nomination et de sanction des magistrats, devra apprécier s'il y a eu "manquement à la déontologie" de la part du SM, qui avait exposé dans son local syndical des dizaines de photos de personnalités - essentiellement de droite - regroupées sous le titre "mur des cons".
Christiane Taubira avait exprimé par communiqué sa "vive émotion" et sa "consternation". après la diffusion d'une vidéo montrant le "mur des cons" du Syndicat de la magistrature (SM), une pratique qu'elle "condamne".
Dénonçant un "comportement à tout le moins déplacé", la ministre de la Justice estime, dans un communiqué, que "ces photos ne sauraient engager nullement la Chancellerie, s'agissant d'une organisation syndicale qui fait savoir très régulièrement son indépendance, ni même, la totalité des magistrats appartenant à cette organisation syndicale".
La ministre de la Justice condamne ainsi dans des termes plus forts l'initiative du SM, qu'elle avait qualifiée mercredi d'"action malheureuse" devant l'Assemblée nationale, sans évoquer une saisine du CSM. "C'est un syndicat qui est en cause", avait-elle tenu à rappeler, en soulignant que "les personnes du 'mur des cons' sont fondées à porter plainte".
Elle rappelle que "le devoir de réserve des magistrats suppose de la retenue même dans le cadre de l'expression syndicale".
