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Rafael Nadal s’est adjugé les Internationaux de France 2013, dimanche, en écrasant en finale son compatriote espagnol David Ferrer (6-3, 6-2, 6-3). Un peu plus de deux heures seulement lui ont été nécessaires pour s’assurer son huitième sacre, ici à Roland-Garros, et ainsi triompher dans un tournoi majeur pour la 12e fois de sa carrière. Outre le temps maussade, les spectateurs pourront regretter une finale totalement dénuée de suspense.
Sept mois de convalescence, entre douleur et doutes, pour repartir de zéro, et revoilà Rafael Nadal au sommet. Pour la huitième fois de sa carrière, en neuf participations, le prodige de Manacor a écrit son nom au palmarès de Roland-Garros – du jamais vu dans l’histoire des tournois du Grand Chelem. Comme une évidence alors que l’intéressé revient de loin: plus précisément d’un deuxième tour perdu à Wimbledon l’an dernier. Là où tout aurait pu s’arrêter. Depuis ce jour où son oncle Toni et lui-même ont enfin décidé de considérer comme il se doit cette tendinite rotulienne au genou gauche, le Majorquin n’a eu qu’une idée en tête: travailler sans relâche, quitte à souffrir, pour ne pas avoir à revivre la perte de son trophée fétiche. Comme en 2009 lorsqu’il dut s’incliner devant le géant Robin Söderling, seul homme jusqu’alors à l’avoir dompté sur l’ocre parisienne.
Son parcours du combattant, d’escales triomphantes à Sao Paulo, Acapulco, Indian Wells, Barcelone, Madrid et Rome en finales malheureuses à Vina Del Mar ou Monte-Carlo, a donc trouvé l’issue escomptée ce dimanche en finale des Internationaux de France. David Ferrer est ainsi devenu sa 43e victime de la saison – la 22e consécutive sur terre battue – et le 59e joueur épinglé à son tableau de chasse sur les seuls courts de la Porte d’Auteuil – record codétenu jusqu’alors par Roger Federer et Guillermo Vilas battu ! Ce malgré un temps humide guère propice aux longs lifts ravageurs, ce malgré un cheminement bien plus lourd à digérer que son adversaire, passé entre les gouttes sans perdre un set et avec six heures de jeu en moins au compteur.
Pour sa première finale majeure, après 42 tentatives et cinq demi-finales vaines en Grand Chelem, David Ferrer n’avait qu’un souhait: "bien faire et jouer une finale de Grand Chelem digne de ce nom". Une résolution qu’il s’est appliqué à respecter dans la première manche, parvenant notamment à effacer un break rapidement concédé, à 1-1. Mais le métronome valencien n’a finalement pas pu résister à la pression, de l’évènement comme de son redoutable opposant. D’ordinaire si fiable, le protégé de Javier Piles, son entraîneur de toujours, a commis pas moins de 35 fautes directes dans ce match. Bien trop d’offrandes pour prétendre à détrôner le triple tenant du titre.
Généreux au filet, notamment, où il aura clairement manqué d’aplomb, David Ferrer a ainsi laissé échapper la première manche 6-3, sans démériter certes, mais sans laisser augurer non plus un revirement de domination. Dans le deuxième acte, il faut l’intervention irresponsable de manifestants contre le mariage pour tous – dont un individu torse nu et muni d’un fumigène rapidement neutralisé sur le court central – pour retarder les débats. Car Rafael Nadal, lui, a bel et bien accéléré le rythme. La rafale est lancée et punit son vis-à-vis à la moindre occasion, forte notamment de ce fameux coup droit dévastateur. Et le "titan de Javea" n’est pas au bout de ses peines…
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C'est toujours un peu triste quand la finale d'un tournoi se joue après le match plus attendu. Comme prévu, dans nos souvenirs de Roland-Garros 2013, le duel ultime entre Rafael Nadal et David Ferrer restera éclipsé par la splendide demie entre le Majorquin et Novak Djokovic.