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Le Monde.fr | <time datetime="2014-11-19T21:59:09+01:00" itemprop="datePublished">19.11.2014 à 21h59</time> • Mis à jour le <time datetime="2014-11-20T00:52:16+01:00" itemprop="dateModified">20.11.2014 à 00h52</time> | Par Matthieu Goar
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Samedi 15 novembre, le candidat à la présidence de l’UMP avait expliqué devant Sens commun, une association anti-mariage pour tous liée à l’UMP et fondée en décembre 2013, qu’il voulait réécrire une partie de la loi avant de lâcher le mot « abrogation » sous la pression de la salle. L’ancien chef de l’Etat n’a pas estimé avoir cédé à une « clientèle », comme l’a accusé Bruno Le Maire, dimanche 16 novembre sur France 2.
« Comment convaincre la moitié des Français, en restant comme une secte entre nous, en refusant d’écouter les autres, en refusant de les rencontrer, de leur parler de leurs déceptions du passé, de leurs craintes pour l’avenir ? La politique c’est d’aller au contact, c’est de rencontrer les gens, y compris quand c’est un peu rugueux. La politique, c’est aimer les gens et c’est aimer les convaincre », a conclu l’ancien président de la République, qui s’est ensuite défini comme un « point d’équilibre » de son propre camp.
Une façon d’éteindre le début d’incendie dans son propre camp. Car de nombreux sarkozystes historiques n’ont pas compris la position de Nicolas Sarkozy, qui ne s’était jamais prononcé pour une abrogation de la loi Taubira. De Nadine Morano à Frédéric Lefebvre, en passant par Christian Estrosi ou Rachida Dati, la première garde s’est répandue en critiques. Un fait rarissime.
Lundi, Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole de la campagne de 2012, avait expliqué sur Europe 1 qu’elle n’était « pas du tout d’accord avec cette orientation », jugeant l’abrogation « ni souhaitable ni possible ». Le député des Alpes-Maritimes, Christian Estrosi, avait, lui, estimé que la droite ne pourrait pas revenir sur une loi entrée « dans les pratiques » et qui représente une « avancée ».
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De retour de deux jours de conférences aux Etats-Unis, M. Sarkozy a découvert que les fractures provoquées par sa phrase ne se sont pas résorbées. Interrogée sur RTL, mercredi 19 novembre, Nadine Morano a redit son opposition. « Je ne partage pas cet avis et nous sommes nombreux à ne pas être sur cette ligne d’abrogation de la loi Taubira qui n’est pas la priorité des Français », a lancé la députée européenne en n’excluant pas de soutenir Alain Juppé en 2017. Pour Nicolas Sarkozy, il était devenu indispensable de reprendre la main. C’est ce qu’il a tenté de faire mercredi soir.
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