Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet
Comme l'affirmaient beaucoup d'Africains, notamment sur les réseaux sociaux, c'est lorsque les pays du Nord seront touchés que l'on assistera à un véritable branle-bas de combat contre Ebola. C'est désormais le cas.
Aux Etats-Unis, le président américain ne cache plus son inquiétude. Il a annulé hier ses déplacements pour convoquer en urgence le pool de lutte anti-Ebola, alors qu'un deuxième cas au Texas provoque la stupeur dans le pays. Il était urgent pour lui de montrer qu’il avait le contrôle de la situation au moment où les Américains commencent à sérieusement douter de la compétence de leurs services de santé. Devant tous ceux qui sont chargés de coordonner la réponse à l’épidémie d’Ebola, le président a promis que les Etats-Unis allaient répondre de « manière plus agressive ». Et il a demandé aux Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) de mettre en place des équipes de réaction rapide capables d’intervenir immédiatement dès qu’un nouveau cas est signalé.
Jouant les médecins en chef, Obama a rappelé que les risques d’infection étaient limités. Et pour rassurer le public, il s’est cité en exemple : « J’ai serré la main, pris dans mes bras et embrassé, pas les médecins, mais des infirmières pour saluer le travail courageux qu’elles avaient accompli en s’occupant d’un patient, a-t-il expliqué. Elles ont suivi les protocoles. Elles savaient ce qu’elles faisaient et je me suis senti complètement en sécurité ».
Davantage d'efforts des Européens
Barack Obama s'est aussi entretenu en visioconférence pendant 1h15 avec les dirigeants français, allemand, britannique et italien, pour leur demander d'accentuer leurs efforts.
De son côté, le président François Hollande a annoncé la mise en place de contrôles aéroportuaires pour les vols en provenance des pays affectés. Alors que les ministres européens de la Santé se retrouvent ce jeudi à Bruxelles pour coordonner la réponse, le Maroc, lui, a annoncé le lancement d'un plan national pour empêcher l'entrée du virus Ebola sur son sol.
Par ailleurs, huit pays d'Amérique latine se réunissent lundi à Cuba pour préparer la riposte. L'Amérique latine n'a pas encore été touchée bien que plusieurs cas suspects aient déjà été signalés au Brésil et au Chili.
