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NSA : Washington tente de relativiser son espionnage en France

NSA : Washington tente de relativiser
son espionnage en France

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | <time datetime="2013-10-21T09:31:19+02:00" itemprop="datePublished">21.10.2013 à 09h31</time> • Mis à jour le <time datetime="2013-10-21T21:58:08+02:00" itemprop="dateModified">21.10.2013 à 21h58</time>

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<figure class="illustration_haut"> Barack Obama, le 16 octobre à la Maison Blanche. </figure>

A la suite des révélations du Monde sur l'interception massive des communications téléphoniques des Français par l'Agence nationale de sécurité américaine (NSA), plusieurs responsables politiques français ont fait part, lundi 21 octobre, de leur colère et de leur incompréhension, alors que de l'autre côté de l'Atlantique, on tentait de se justifier, et surtout de minimiser la portée des écoutes qui ont lieu en France.

La Maison Blanche, qui "ne commente pas publiquement toutes les activités présumées du renseignement", a reconnu que les Etats-Unis récupéraient à l'étranger des données "du même genre que tous les pays", laissant entendre que "tous les pays" mènent de telles actions.

La présidence américaine a ensuite rappelé que l'administration Obama a "commencé à passer en revue la façon dont [elle] obt[ient] des renseignements, pour parvenir à un équilibre entre les préoccupations légitimes de sécurité des concitoyens et alliés et les préoccupations que tous les gens partagent à ce sujet".

Lire notre entretien avec Jean-Jacques Urvoas "Les Etats-Unis n'ont pas d'alliés, que des cibles ou des vassaux"

Dans les soirée, le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, en visite à Paris, a lui aussi tenté d'apaiser la situation, affirmant que les Etats-Unis discuteront du sujet avec la France, son "vieil allié" – une expression lourde de sens à Washington.

L'AMBASSADEUR AMÉRICAIN CONVOQUÉ

Plus tôt lundi, l'ambassadeur américain en France, Charles Rivkin, avait été convoqué au Quai d'Orsay pour donner l'assurance que l'interception de communications n'avaient "plus cours". Ce dernier s'est contenté de déclarer publiquement qu'il "s'engage[ait] à faire part des différents points abordés à Washington".

Pour une période de trente jours, entre le 10 décembre 2012 et le 8 janvier 2013, 70,3 millions d'enregistrements de données téléphoniques des Français ont été effectués par l'agence de cybersurveillance américaine. Selon les révélations du Monde, les cibles de l'agence américaine sont aussi bien des personnes soupçonnées de liens avec des activités terroristes qu'appartenant au monde des affaires, de la politique ou à l'administration française.

Lire nos révélations : "Comment la NSA espionne la France"

<figure class="illustration_haut"> "Nous coopérons de manière utile dans le domaine de la lutte contre le terrorisme mais cela ne justifie pas tout", a expliqué le ministre alors que son homologue américain sera mardi à Paris. </figure>

FABIUS : "VISIBLEMENT, IL FAUT ALLER PLUS LOIN"

Le sujet sera à coup sûr évoqué, mardi, par le chef de la diplomatie, Laurent Fabius, et son homologue américain, John Kerry, lors d'un entretien prévu au Quai d'Orsay. M. Fabius a dénoncé, lundi, des "pratiques inacceptables", à l'issue d'une réunion européenne à Luxembourg. "Nous coopérons de manière utile dans le domaine de la lutte contre le terrorisme mais cela ne justifie pas tout", a expliqué le ministre. Il a ajouté qu'il demanderait des "éclaircissements très rapides" à M. Kerry.

Après une première vague de révélations, en juin, sur le programme international de surveillance américain Prism, le parquet de Paris avait ouvert en juillet une enquête préliminaire sur le programme d'espionnage des communications téléphoniques et internet par la NSA. M. Fabius avait indiqué avant son départ pour le Luxembourg que la France avait déjà réagi à cette époque. "Visiblement, il faut aller plus loin", a-t-il ajouté à quelques heures de l'arrivée de M. Kerry à Paris.

Retrouvez l'ensemble des révélations du Monde sur le sujet

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