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Par LEXPRESS.fr, publié le 10/03/2012 à 15:57

Le président américain ne mise pas sur les blogs: il préfère s'adresser à ses électeurs sur leurs propres réseaux sociaux.
afp.com/Jewel Samad
Comme les candidats à la présidentielle française, Barack Obama ne s'appuie pas sur le pouvoir des blogueurs influents pour sa campagne. Il ne l'avait pas fait non plus en 2008, rappelle Benoit Thieulin, directeur associé de la Netscouade.
"Ce qui ferait la force d'Obama, écrivait Information 2.0, le blog du Monde diplomatique en 2008, ce serait d'avoir compris que l'Amérique est en train de passer du 'mass media' au 'my media'." Cette année-là déjà, Barack Obama n'avait pas hésité à mener une campagne Web novatrice, qui avait impressionné les électeurs de notre côté de l'océan. Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy et les autres rêvaient d'une Web-mobilisation aussi efficace.
En 2012, pour la course à l'Elysée, les candidats ont investi les réseaux sociaux en masse. Les blogueurs, très sollicités en 2007, sont en revanche peu courtisés. Et Obama ne paraît pas les choyer davantage.
"La situation n'est pas la même aux USA, explique Benoit Thieulin, directeur associé de la Netscouade. Entre 2007 et 2008, beaucoup de choses se sont passées sur Internet. Barack Obama a su repérer l'engouement pour les médias sociaux et a concentré ses efforts sur cette nouvelle manière de communiquer."
Des réseaux sociaux populaires
En 2008, le président américain crée donc Mybarackobama.com, son réseau social personnel. "Avec ce site, expliquait le conseiller d'Obama au Figaro en 2008, il a confié sa campagne aux internautes. À travers ce réseau social, ses supporteurs rencontrent et recrutent d'autres personnes, organisent des événements et, éventuellement, lèvent des fonds."
En 2012, Obama choisit d'utiliser les médias sociaux les plus populaires du moment: Facebook, Twitter, Spotify, ou encore Tumblr. "Barack Obama reste dans la continuité de sa campagne 2008, pour laquelle il souhaitait s'adresser directement aux communautés, sans passer par l'intermédiaire blogueur", explique encore Benoit Thieulin. "Il faut comprendre qu'au début des années 2000, les journalistes et éditorialistes n'étaient pas encore très présent sur Internet. Les blogueurs 'commentateurs d'actualité' ont profité de cette absence pour se faire une place, et l'enjeu des politiques à ce moment-là était d'influencer les influenceur. Depuis, les journalistes ont assez naturellement repris leur place."
Cool campagne
Le président américain s'adresse donc à ses électeurs sur leurs propres médias sociaux. Il y rassemble des foules en choisissant un ton direct et détendu. Sa campagne est cool. Sur Facebook, 25 499 810 personnes ont cliqué sur le pouce "J'aime" de la page du candidat. Sur Twitter, 12 918 300 d'internautes le "suivent", attentifs à ses twitts depuis le célèbre "Yes we can". Chaque photo ou billet postés sur le Tumblr du candidat est partagé par plusieurs milliers de lecteurs. Sa chaîne Youtube compte aussi plus de 200 000 abonnés qui s'empressent de rediffuser chaque nouveauté du président. En 2012, personne n'est plus puissant qu'une foule d'internautes lestes du clic.